L’essentiel
- 11 163 spectateurs dimanche en Régional 1, en présence de Jeremy Green.
- 10,6 M€ apportés par Park Bench pour financer la saison et les échéances du plan.
- Dette rééchelonnée jusqu’en 2038, avec concessions des créanciers.
- 3 novembre : prochaine audience du tribunal pour la modification du plan.
Près de 11 000 spectateurs pour un match de Régional 1, Jeremy Green dans les tribunes et un nouveau propriétaire américain désormais aux commandes. Alors que les Girondins continuent de mobiliser leurs supporters malgré leur chute sportive, le cabinet d'avocats August Debouzy dévoile les détails du montage financier et juridique de la reprise par Park Bench. Une opération qui doit encore franchir une dernière étape judiciaire.
Dimanche, au stade Atlantique, les Girondins de Bordeaux ont rappelé qu'ils n'étaient décidément pas un club comme les autres. 11 163 spectateurs pour assister à une rencontre de Régional 1 face au Stade Montois, remportée 4 à 1. Une affluence présentée comme un record historique pour ce niveau du football français.
Dans les tribunes, un spectateur était particulièrement attendu : Jeremy Green, représentant de l'investisseur anglo-américain Park Bench, désormais propriétaire du club. De quoi mesurer immédiatement le paradoxe bordelais : une équipe descendue au sixième échelon national, mais un public qui répond toujours présent comme si les Girondins évoluaient encore parmi l'élite.
Park Bench : 10,6 millions d'euros pour repartir
Le cabinet d'avocats August Debouzy, qui accompagne les Girondins depuis cinq ans, apporte des précisions sur les conditions de leur reprise.
Premier point, Park Bench Bordeaux LLC a acquis la totalité des titres de La Dynamie, la holding qui détient le club et dont Gérard Lopez était jusqu'alors l'actionnaire.
L'opération s'accompagne d'un financement immédiat de 10,6 millions d'euros, apporté par Park Bench et ses affiliés. Cette enveloppe est destinée à couvrir les besoins de la saison 2026-2027 et à honorer certaines échéances du plan de continuation.
Deuxième élément important, le futur plan prévoit un rééchelonnement des dettes jusqu'en 2038, ainsi qu'une subordination des créanciers financiers historiques. Autrement dit, les conditions de remboursement de ces derniers seront moins favorables que celles de certains autres créanciers.
Une nouvelle clause de retour à meilleure fortune doit également bénéficier aux créanciers publics, aux collectivités, aux fournisseurs et aux créanciers sportifs. Elle permettra, selon les modalités qui seront retenues, de prévoir des remboursements supplémentaires si la situation économique du club s'améliore.
Gérard Lopez et Bordeaux Métropole ont consenti leurs efforts
Ces nouvelles précisions confirment un montage négocié depuis plusieurs mois avec les principaux créanciers.
Comme nous l'avions expliqué dans notre article « Girondins : la fin d'une illusion collective », Gérard Lopez a notamment renoncé à environ 4 millions d'euros de créances, ainsi qu'à des droits potentiels pouvant atteindre 12 millions d'euros dans le cadre d'une clause de retour à meilleure fortune.
De son côté, Bordeaux Métropole a également accepté d'importantes concessions, notamment sur les loyers impayés du stade. Des efforts et des négociations que nous avions détaillés dans « Girondins de Bordeaux : pourquoi le dossier Sparta Capital s'enlise ». Ces concessions ont contribué à rendre possible l'arrivée d'un nouvel investisseur.
August Debouzy souligne que la dette du club a été « très substantiellement diminuée » au fil des négociations. Le cabinet ne précise toutefois pas son montant résiduel dans sa communication.
Autre changement majeur : Park Bench se substitue à l'ancien actionnaire comme personne tenue d'exécuter le plan de continuation. Dominique Delport a par ailleurs été élu président-directeur général du club.
Une dernière étape judiciaire le 3 novembre
La cession des titres est réalisée, mais le dossier judiciaire n'est pas encore totalement refermé. La modification substantielle du plan de continuation, initialement adopté en juin 2025, doit encore être validée selon la procédure des classes de parties affectées. Les créanciers concernés sont appelés à voter entre le 26 octobre et le 2 novembre, avant une nouvelle audience du tribunal de commerce de Bordeaux prévue le 3 novembre. C'est cette décision qui doit sécuriser juridiquement le nouveau calendrier de remboursement et les engagements négociés avec les différentes catégories de créanciers.
Nous avions d'ailleurs soulevé plusieurs interrogations sur le nouvel investisseur dans notre précédent article « Park Bench, repreneur annoncé des Girondins : un acheteur si fiable que cela ? ». La concrétisation de la cession et les engagements financiers désormais détaillés constituent une nouvelle étape, même si l'homologation judiciaire reste attendue.
Pendant ce temps, sur le terrain, les Girondins poursuivent leur reconstruction. Et le record d'affluence de dimanche constitue un signal particulièrement fort pour leurs nouveaux propriétaires.
Park Bench hérite d'un club en Régional 1, mais aussi d'une marque, d'une histoire et d'un public dont bien des clubs professionnels pourraient rêver. Reste désormais à transformer ce capital populaire en réussite sportive et économique.
Sources
- August Debouzy, communiqué sur la reprise des Girondins de Bordeaux.
- AQUI.Media, articles précédents sur les négociations avec Sparta Capital, les concessions des créanciers et l'arrivée de Park Bench, accessibles directement dans le texte.



