Le 9 octobre, le toulousain Aura Aero a inauguré son site de l'aéroport de Rochefort-Saint-Agnant. Le bâtiment de 2 400 m², avec accès direct à la piste, n'a jamais produit l'avion pour lequel il avait été construit. Il avait été livré en septembre 2024 pour VoltAero, qui devait y assembler jusqu'à 150 avions hybrides Cassio par an. Placée en redressement judiciaire en octobre 2025 après la défaillance d'un investisseur, la start-up de Jean Botti a été liquidée le 23 juin 2026 par le tribunal de commerce de La Rochelle. Le tribunal a retenu l'offre d'Aura Aero, dont le montant n'a pas été communiqué.
Le repreneur n'est pas un inconnu de la filière. Aura Aero a été fondé en 2018 par Jérémy Caussade et deux associés, et il est basé à Toulouse-Francazal. Il revendique près de 300 salariés, répartis entre Toulouse, Bernay, Daytona Beach en Floride et Abou Dabi. Son biplace de voltige Integral R, certifié par l'agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) fin 2024, est son seul appareil commercialisé. Le constructeur a levé quelque 340 M€ depuis sa création, dont une série B de 50 M€ ce printemps. Bpifrance, le fonds européen EIC, Safran et EDF figurent parmi ses actionnaires. Il se diversifie aussi dans la défense avec sa filiale Aura M.
À Rochefort, avec la reprise de Voltaero il a récupèré les brevets, le démonstrateur hybride Cassio S, et huit des quinze salariés encore en poste. L'usine change de cap : elle devient un centre d'essais en vol. Rebaptisé X-Volt et équipé de moteurs électriques Safran, l'ancien Cassio S servira de banc d'essai volant pour l'ERA. Cet avion régional hybride de 19 places doit faire son premier vol fin 2027. Le drone militaire Enbata doit aussi y être testé.
L'inauguration a laissé une question sous le tapis : l'argent public. Le bâtiment a coûté 4,4 M€. Le Syndicat mixte des aéroports en a financé 3,2 M€ par emprunt, le reste venant de subventions de l'État, de l'agglomération Rochefort-Océan et de la Région. Les conditions du bail consenti à Aura Aero n'ont pas été rendues publiques. Quant à la soixantaine d'emplois évoquée lors de l'inauguration, elle ne figure même pas dans l'annonce publiée par Aura Aero. Pour l'heure, huit salariés sont repris.
En 2021, VoltAero promettait une chaîne d’assemblage. En 2026, Rochefort hérite pour le moment d’un terrain d’essais.

Aura Aero à Rochefort, ce qu’il faut retenir »
Qui est Aura Aero ?
Aura Aero est un constructeur aéronautique fondé en 2018 par Jérémy Caussade et deux associés, basé à Toulouse-Francazal. Il fabrique le biplace de voltige Integral, certifié par l’EASA fin 2024. Il développe aussi l’ERA, un avion régional hybride-électrique de 19 places, ainsi que des drones militaires via sa filiale Aura M. L’entreprise revendique près de 300 salariés.
Pourquoi Aura Aero s’installe-t-il à Rochefort ?
Aura Aero a repris les actifs de VoltAero, liquidé le 23 juin 2026 par le tribunal de commerce de La Rochelle. Il récupère ainsi le site de 2 400 m² de l’aéroport de Rochefort-Saint-Agnant, avec accès direct à la piste. Le démonstrateur hybride Cassio S de VoltAero fait partie de la reprise. Rebaptisé X-Volt, il a revolé sous ses nouvelles couleurs le 16 septembre 2026.
Que va faire Aura Aero sur le site ?
Le site devient un centre d’essais en vol et de développement de la propulsion électrique et hybride. X-Volt, équipé de moteurs électriques Safran, y sert de banc d’essai volant pour l’ERA, dont le premier vol est annoncé fin 2027. Le drone militaire Enbata doit aussi y être testé.
Combien d’emplois et qui a payé le bâtiment ?
Aura Aero a repris huit des quinze salariés encore présents chez VoltAero au moment du jugement. Une soixantaine d’emplois à trois ans a été évoquée lors de l’inauguration, sans engagement chiffré de l’entreprise. Le bâtiment a coûté 4,418 M€, financés par un emprunt de 3,164 M€ du Syndicat mixte des aéroports et 1,254 M€ de subventions de l’État, de l’agglomération Rochefort-Océan et de la Région. Le bail consenti à Aura Aero n’a pas été rendu public.





