L'essentiel

  • AQQI lève 4 millions d'euros en pre-seed, dans un tour co-mené par Axeleo et Aquiti, avec Kima Ventures, 50 Partners, Pierre Kosciusko-Morizet et Nicolas Steegmann.
  • Son agent IA scanne les sites des agences et les alertes des portails, organise les visites et pré-rédige les offres d'achat : les premières ont été faites deux mois après le lancement.
  • Gratuit pour l'acheteur, AQQI se rémunère à la signature sur la commission partagée avec l'agence, et vise un tiers des transactions dans ses zones cibles d'ici trois ans.

Fondée à Bordeaux par Alexandre Ducoeur Martins et Julie de la Porte des Vaux, tous deux anciens dirigeants de Studapart, AQQI lève 4 millions d’euros en pre-seed. Le tour est co-mené par le lyonnais Axeleo et par Aquiti, société de capital-investissement bordelaise. Son agent IA veut piloter tout le parcours d’achat immobilier, de la recherche d’annonces sur les sites des agences jusqu’à l’offre d’achat. AQUI.Media est allé à la rencontre d'Alexandre Ducoeur Martins.

Alexandre n’enjolive pas son secteur : « Il y a, je pense, beaucoup plus de proptech au cimetière qu’il n’y en a encore vivantes. » Il sait pourtant comment en faire réussir une. Il a cofondé Studapart, plateforme de logement étudiant qu’il a cédée par tranches au néerlandais HousingAnywhere entre 2022 et 2024, sur la base d’une valorisation supérieure à 55 millions d’euros.

AQQI : un agent IA qui facilite la vie des acheteurs

AQQI reprend le modèle du « buyer agent » américain, sans humain en façade. L’acheteur décrit son projet de manière détaillée par écrit ou à la voix, sur WhatsApp. L’agent IA passe d’abord en revue les annonces publiées sur les sites des agences immobilières : « On identifie les annonces sur l’intégralité des sites internet des agences immobilières qui sont à Bordeaux par exemple», explique Alexandre Ducoeur Martins. Pour compléter, il lit la boîte mail de l’utilisateur et trie les alertes reçues de SeLoger ou de Leboncoin : « Vous nous donnez accès à votre boîte mail et l’ensemble des alertes email sont regardées, traitées, analysées. » Les portails ne disparaissent pas du parcours, mais ils passent au second plan.

L’agent contacte ensuite les agences, récupère les documents avant visite, organise les rendez-vous et centralise les retours. Il pré-rédige aussi l’offre d’achat et sollicite des artisans pour chiffrer d’éventuels travaux. « Son rôle, il est de ne jamais perdre une seule information et d’être proactif sur l’organisation », résume son fondateur.

Derrière l’application, AQQI exerce un métier réglementé : « On est nous-mêmes agents immobiliers. Donc on a notre carte de transaction et on fait ce qu’on appelle aujourd’hui de la délégation de mandat ou de l’inter-cabinet. » Gratuite pour l’acheteur, la société se rémunère à la signature, en partageant la commission avec l’agence qui détient le mandat de vente.

Les portails, « un modèle de rente » selon le fondateur

"Les grands portails sont sur un modèle de rente depuis plusieurs années, avec des prix qui augmentent d’année en année. Dans le même temps, les volumes de vente stagnent ou reculent et le taux de conversion des mandats ne cesse de diminuer." Alexandre Ducoeur Martins désigne sa cible sans détour.

C’est ce qui lui ouvrirait les portes des agences. Il compare la bascule à celle des VTC : « Plus personne n’appelle les dix taxis référencés à Bordeaux. » Demain, assure-t-il, « de moins en moins de personnes auront envie de raconter dix fois leur projet immobilier pour obtenir une visite ».

Le marché visé est considérable. Les agents immobiliers encaissent 14 milliards d’euros de commissions par an en France, et 50 milliards à l’échelle européenne.

Alexandre Ducoeur Martins voit dans le retournement actuel du marché immobilier une fenêtre de tir : « Si le marché fait moins 20 quand on part de zéro, ça fait toujours zéro. » Le constat de crise peut être nuancé. Selon l'Insee, 958 000 logements anciens ont été vendus sur les douze mois achevés fin juin 2026, un volume quasi stable depuis le début de l’année, tandis que les prix reculaient de 0,8 % sur un an.

Premières offres d’achat faites via AQQI, deux mois après son lancement

« On a pivoté quatre fois depuis janvier jusqu'à trouver le modèle actuel », reconnaît le fondateur.

La version actuelle tourne depuis début septembre, avec des premiers bêta-testeurs arrivés fin août. Environ 200 acquéreurs l’utilisaient avant l’ouverture, un nombre « plus que triplé » depuis. La jeune pousse s’impose un plafond de 1 000 utilisateurs d’ici la fin du trimestre, parce que « l’IA n’est pas en capacité de réaliser l’intégralité des tâches. Donc, il y a des humains encore derrière, qui prennent le relais de l’IA partout où l’IA est bloquée. L'idée est d'améliorer avec nos bêta-testeurs, les process et la qualité de l'agent, avant de s'ouvrir plus largement aux clients ».

Aucune vente n’est encore signée, et c’est mécanique : « Ça prend en moyenne deux mois et demi minimum avant un compromis et cinq mois de bout en bout. » AQQI compte ses premières offres d’achat et organise des visites chaque jour. Un acquéreur consacre en moyenne 150 heures à son projet, et l’agent permet d’en réduire de 75 % les tâches chronophages.

Un tour de table bâti sur l’expérience du fondateur

AQQI, pour une levée en pre-seed a réuni un très beau tour de table entre fonds et Business Angels, entrepreneurs à succès, avec : Axeleo et Aquiti en lead investisseurs, Kima Ventures, 50 Partners, Pierre Kosciusko-Morizet et Nicolas Steegmann.

Le fondateur décrit sans fard ce que ses investisseurs ont acheté : « Le produit, le go-to-market, l’équipe et la capacité de délivrer rapidement. » Il n’a pas promis de chiffre d’affaires : « On fait rarement des business plans précis de revenus. » La plupart des business angels de Studapart ont remis de l’argent. « Le produit est de moins en moins une barrière à l’entrée », ajoute-t-il, avant de nuancer : avoir réussi une première fois « ne veut pas dire qu’on va réussir, ça veut dire qu’on est mieux armé ».

AQQI vient ainsi s’ajouter aux levées régionales que nous suivons dans notre baromètre French Tech Nouvelle-Aquitaine.

AQQI, née à Bordeaux et pensée pour recruter partout

AQQI est née à Bordeaux parce que son fondateur s’y est installé en 2021 : « Pas de mystère par rapport à ça. » Sur neuf salariés, deux y travaillent. Les autres sont à Station F, à Capbreton, à Grenoble et à La Réunion. « On ne veut pas se limiter à la géographie », justifie Alexandre Ducoeur Martins, qui rappelle l’antenne opérationnelle de Studapart à Cergy et admet que « c’est plus facile à 10 qu’à 50 et qu’à 100 ».

AQQI affirme vouloir accompagner un tiers des transactions dans ses zones cibles d’ici trois ans. En Gironde seule, l’Agence d’urbanisme Bordeaux Aquitaine recense 21 233 transactions de logements en 2024 : un tiers représenterait environ 7 000 ventes par an dans ce seul département. Alexandre Ducoeur Martins assume l'ambition de l’objectif ainsi que le travail à mener encore pour réussir.

Écran d’iPhone affichant l’application AQQI, l’agent IA d’aide à l’achat immobilier.

AQQI et son agent IA immobilier en quatre questions

Qu’est-ce qu’AQQI ?

AQQI est une proptech fondée à Bordeaux en 2026 par Alexandre Ducoeur Martins et Julie de la Porte des Vaux, deux anciens dirigeants de Studapart. Elle développe un agent IA qui accompagne les acquéreurs, de la recherche d’annonces jusqu’à l’offre d’achat.

Combien coûte AQQI pour un acheteur ?

Le service est gratuit pour l’acquéreur. AQQI détient une carte de transaction et se rémunère à la signature de la vente, en partageant la commission avec l’agence qui détient le mandat.

Qui a investi dans AQQI ?

Le tour de 4 millions d’euros en pre-seed est co-mené par Axeleo et Aquiti, avec Kima Ventures, 50 Partners, Pierre Kosciusko-Morizet et Nicolas Steegmann. La plupart des business angels de Studapart y ont aussi participé.

Où peut-on utiliser AQQI ?

La solution a d’abord été testée en Île-de-France, à Bordeaux et à Marseille. Elle s’ouvre progressivement à 1 000 acquéreurs d’ici la fin de l’année, avant un lancement grand public prévu début 2027.