Enquête sur les "finfluenceurs".
Dix-sept ans de procédure, un milliard perdu, 3,4 millions rendus à dix couples : Apollonia ouvre notre enquête en douze volets sur les arnaques faites aux épargnants. Du notaire d'hier au château d'un champion financé en une heure par 3 400 inconnus.

Aqui.media vous propose, en une douzaine de volets, une grande enquête sur un phénomène qui a changé d’échelle pendant la crise du Covid et n’a cessé de s’étendre depuis : les arnaques qui visent les épargnants. Une plongée dans un monde qui confine parfois au sectaire, où plus d’un million et demi de Français apparaissent aujourd’hui comme victimes probables d’une arnaque à l’investissement, pour un préjudice que les autorités estiment à au moins 2,5 milliards d’euros en cinq ans, et qu’elles présentent elles-mêmes comme un plancher. Ce plancher ne tient qu'aux victimes qui parlent : une sur cinq porte plainte. À la même proportion, l'addition approcherait les dix milliards d'euros, et aucune autorité ne l'écrit.
Un phénomène d’une telle ampleur que ses ressorts se retrouvent désormais chez les finfluenceurs, experts autoproclamés qui vendent à des particuliers des placements, des plateformes et surtout des formations, face à un régulateur qui inscrit, met en garde et enjoint, mais n’a jamais sanctionné un seul influenceur des réseaux sociaux.
On y croise pêle-mêle des vedettes de télé-réalité installées à Dubaï, des créateurs de contenu suivis par des millions d’abonnés, des jurés de télévision reconvertis en animateurs de clubs d’investissement, et des célébrités dont des escrocs volent le visage. Au bout de l’enquête, un dernier chiffre, qui ne doit rien à un escroc : et là aussi, plus de dix milliards d’euros de financement non coté, souscrits légalement par des particuliers pour avoir leur part du rêve...
1er volet : Apollonia, un milliard perdu, 3,4 millions rendus
Un milliard d’euros de préjudice, 3,4 millions d’indemnisations. Le lundi 14 septembre, le tribunal correctionnel de Marseille a chiffré les premiers dédommagements de l’une des plus lourdes escroqueries immobilières jamais jugées en France : dix couples indemnisés sur le papier, six renvoyés les mains vides, dix-sept ans après les premières plaintes. Premier volet d’une enquête en douze parties sur la fabrique française de l’arnaque à l’épargnant.
Les montants sont tombés le 14 septembre dans l’après-midi : entre 34 000 et 531 000 euros par victime, pour une dizaine de couples, soit un total de l’ordre de 3,4 millions d’euros[1].
Le préjudice de l’affaire Apollonia est évalué à plus d’un milliard.
Six couples sont repartis sans rien. Et le tribunal a écarté l’intégralité des demandes formées au titre de la perte de chance, c’est-à-dire ce que les acquéreurs auraient pu faire de leur argent s’ils ne l’avaient pas engagé dans le montage.
3,4 millions d’euros de peine pour plus d’un milliard d’euros perdus.
À peine plus de trois euros pour mille. C’est l’état normal de la réparation en France lorsqu’une escroquerie de masse atteint enfin le stade du jugement, et il faudra garder ce ratio en tête pendant les onze articles qui suivent.
Il faudra garder en tête une seconde chose, que ce dossier met à nu et que la suite retrouvera partout : la caution. Apollonia ne vendait pas seule. Des notaires authentifiaient, des banques prêtaient, et leur présence suffisait à rassurer. Le décor a changé depuis. Le rôle, lui, n’a pas bougé.
15 ans après, fin 2023, 3 400 particuliers ont apporté un million d’euros en une heure environ, sur la plateforme de financement participatif Bricks, pour financer un château appartenant à Tony Parker. En février 2024, 2 808 autres ont apporté 1 072 000 euros en moins de cinquante minutes pour son haras. Les tickets commençaient à dix euros. L’ancien basketteur, juré de « Qui veut être mon associé ? » sur M6, est présenté par la plateforme comme son ambassadeur et son actionnaire[2].
Ambassadeur de la plateforme, actionnaire de la plateforme, emprunteur sur la plateforme.
Tout est légal : Bricks est agréée par l’AMF et les deux collectes ont été publiées. Mais l’épargnant qui place dix euros parce qu’un champion prête son visage à l’offre se pose-t-il la question que l’acquéreur d’Apollonia ne posait pas à son notaire ? Celui qui rassure a-t-il intérêt à la signature ?
Un jugement prenant date, mais un appel qui gèle tout
Le 15 janvier 2026, le tribunal correctionnel de Marseille avait condamné Jean et Viviane Badache, fondateurs de la société aixoise Apollonia, à sept ans d’emprisonnement ferme et 2,5 millions d’euros d’amende pour escroquerie en bande organisée, au terme d’un procès tenu du 31 mars au 6 juin 2025. Des confiscations d’environ vingt millions d’euros, portant sur des biens immobiliers et des comptes bancaires, avaient été prononcées[5].
Les condamnés ont fait appel. Le procès en appel est prévu du 1er mars au 16 avril 2027[6].
Les dix couples indemnisés le 14 septembre peuvent donc voir leur créance remise en cause par la cour, qui siégera au printemps 2027. Tant que l’appel n’est pas purgé, aucune somme n’est acquise.
Le rejet de la perte de chance, lui, produira des effets bien au-delà de ce dossier. Ce chef de préjudice répare la probabilité, dont on a été privé, de faire autre chose de son argent. Le droit français exige que l’occasion manquée ait été réelle et sérieuse, et le tribunal a considéré qu’elle ne l’était pas.
Or, dans une escroquerie qui met dix-sept ans à être jugée, le préjudice principal est le temps. Six cent mille euros immobilisés pendant dix-sept ans valent davantage que six cent mille euros. En refusant de réparer ce poste, la justice fait porter aux victimes le coût de sa propre lenteur.
On leur a vendu de la dette
Apollonia a commercialisé, pour l’essentiel entre 2002 et 2009, des logements locatifs meublés bénéficiant d’un régime fiscal avantageux. Le produit se présentait comme un placement de père de famille : un bien, un loyer garanti par un exploitant, un avantage fiscal, un crédit.
Apollonia visait plus haut que le petit épargnant : médecins, chirurgiens, directeurs de clinique, cadres supérieurs, pilotes de ligne, des professions dont la capacité d’emprunt permettait d’acheter cinq logements, huit, parfois davantage. La société a encaissé 115 millions d’euros de commissions entre 2004 et 2009.
Les acquéreurs ont signé des procurations. Le nombre de biens, le montant emprunté, les établissements prêteurs sollicités ont pu être multipliés sans qu’ils disposent, à chaque étape, d’une vision complète de leur engagement. Certains se sont retrouvés débiteurs de plusieurs millions d’euros sur des logements qu’ils n’avaient jamais vus.
Quand l’exploitant a cessé de verser les loyers, les échéances de crédit sont restées dues. Il n’existait plus de recette pour les couvrir et pas de marché pour revendre rapidement des lots surévalués. Des familles ont vendu leur résidence principale pour honorer des emprunts contractés sur des studios.
L’association qui regroupe une partie des victimes revendique quatre cents adhérents, majoritairement des professionnels de santé. Elle recense environ deux mille personnes touchées, bien au-delà du nombre de parties civiles retenues au procès, et fait état de trois suicides parmi les acquéreurs[7].
Quatorze prévenus, trois notaires, aucune banque
Le jugement de janvier ne s’est pas arrêté au couple fondateur. Quatorze personnes physiques et la société Apollonia comparaissaient.
Trois notaires ont été condamnés à des peines allant de dix-huit mois à cinq ans. Un avocat a écopé de cinq ans, dont trois avec sursis. Quatre commerciaux ont été condamnés à des peines de trois à cinq ans. Le fils des fondateurs a été condamné à un an ferme et trois ans avec sursis. Le parquet avait requis jusqu’à dix ans[8].
Toutes ces peines sont frappées d’appel.
Trois notaires avaient déjà été mis en examen le 31 janvier 2010 pour faux en écriture, puis sanctionnés disciplinairement à la fin de 2013 par des interdictions d’exercer de dix mois à un an. Selon les pièces de procédure citées par les conseils des parties civiles, Apollonia représentait environ 70 % de leur activité[9].
Une étude notariale qui réalise sept dixièmes de son chiffre d’affaires avec un seul apporteur d’affaires cesse d’être un tiers de confiance. Elle devient un fournisseur.
Aucun établissement bancaire n’a été renvoyé devant le tribunal correctionnel.
Les crédits existaient pourtant. Le montage supposait qu’un particulier puisse emprunter, en quelques mois, huit cent mille à quatre millions d’euros auprès de plusieurs banques différentes, sans qu’aucune ne voie l’endettement souscrit chez les autres.
Les établissements cités dans la procédure ont continué à travailler avec Apollonia jusqu’en 2009, malgré des alertes internes remontant à 2006. Les conseils des parties civiles ont relevé plus de trois cents anomalies dans la délivrance des offres de prêt : revenus d’emprunteurs falsifiés, biens surévalués dans un rapport de deux et demi à six, délais de rétractation de la loi Scrivener non respectés, offres de prêt adressées à la société plutôt qu’aux emprunteurs eux-mêmes[10].
Des cadres bancaires ont vu leur mise en examen confirmée en 2018. Le 5 juin 2019, les établissements sont demeurés témoins assistés. Ils n’ont pas été jugés en 2026.
Le contentieux bancaire s’est donc déplacé vers le civil, dossier par dossier, emprunteur par emprunteur, sur le fondement du devoir de mise en garde de l’emprunteur non averti lorsque le crédit est disproportionné à sa capacité de remboursement. Chaque victime doit y aller seule, à ses frais, contre un service juridique qui connaît le dossier depuis vingt ans.
Une brèche existe néanmoins du côté des professions réglementées. Le 9 mai 2025, la cour d’appel de Paris a condamné une société civile professionnelle de notaires et quatre compagnies d’assurances à verser 625 781 euros d’indemnisation et 65 000 euros de frais, pour défaut de vérification des garanties légales lors de la vente de lots à Saint-Maur-des-Fossés[11].
Une faute professionnelle, reconnue en appel, dans un dossier immobilier vendu à des particuliers.
Ce qui attend les sept cents autres
Dix couples ont obtenu une décision le 14 septembre. Environ sept cents personnes s’étaient constituées parties civiles.
Les autres attendent. Leurs dossiers seront examinés par vagues, ou repris devant la cour d’appel au printemps 2027, selon les choix de procédure de chacun. Personne ne sait dire aujourd’hui combien de temps il faudra pour purger l’ensemble.
Reste la question que toutes posent à leurs avocats : avec quel argent ?
Les confiscations prononcées en janvier portent sur environ vingt millions d’euros de biens immobiliers et de comptes bancaires. Le code de procédure pénale prévoit un mécanisme précis pour que ces sommes servent aux victimes. Son article 706-164 permet à une partie civile de demander le paiement de ses dommages et intérêts sur les biens confisqués, gérés par l’agence spécialisée qui en a la charge[12].
Ce mécanisme pose une condition, et elle suffit à tout bloquer.
Le texte exige une décision définitive. L’appel est prévu au printemps 2027.
Les vingt millions d’euros saisis resteront donc immobilisés au moins jusqu’à cette date, et au-delà si un pourvoi en cassation est formé. Pendant ce temps, les créances des victimes ne produisent aucun revenu et leurs frais d’avocat, eux, se paient au fur et à mesure.
Mettons enfin les deux chiffres côte à côte. Vingt millions d’euros confisqués. Plus d’un milliard d’euros de préjudice.
Trois versions de la même affaire
Un lecteur qui ouvre trois articles de presse sur Apollonia trouve trois versions.
Sur le volume : environ 5 300 logements vendus selon une source, plus de 7 500 selon une autre.
Sur les montants : 942 millions d’euros de ventes dans un cas, un préjudice supérieur à 1,2 milliard dans l’autre.
Sur les victimes : 720 parties civiles dans le jugement de janvier, 762 investisseurs dans une dépêche de septembre, deux mille personnes selon l’association[13].
Aucune de ces sources ne ment. Elles mesurent des grandeurs différentes. Le montant des ventes recouvre tout ce qui a été signé. Le préjudice recouvre ce que les victimes disent avoir perdu. Les demandes chiffrent ce que leurs avocats réclament. Le jugement retient une fraction de ces demandes. Et le paiement, quand il intervient, dépend de ce qui reste à saisir chez les condamnés.
Cette confusion n’est pas propre à Apollonia. Elle est l’état du comptage français en matière d’escroquerie financière, et le dixième volet de cette enquête y est entièrement consacré. Un phénomène qu’on ne mesure pas ne se combat pas et ne se budgète pas.
Douze ans de fonctionnement, dix-sept ans de procédure
Le calendrier se passe de commentaire.
Les faits reprochés courent de 1997 à 2009. Les premières plaintes sont déposées à la fin des années 2000. Le procès correctionnel s’ouvre le 31 mars 2025. Le jugement tombe le 15 janvier 2026. Les intérêts civils sont fixés le 14 septembre 2026. L’appel est audiencé au printemps 2027.
Douze ans de fonctionnement. Près de vingt ans de procédure. Dix couples indemnisés à ce jour.
Une victime qui avait quarante-cinq ans au moment des faits en a soixante-cinq aujourd’hui et n’aura pas de décision définitive avant d’en avoir soixante-sept.
Ce délai produit deux effets, et les deux profitent à celui qui organise. Pendant vingt ans, l’argent n’est plus là. Et quand l’affaire est enfin jugée, elle entre dans les statistiques de l’année du jugement, jamais dans celles de l’année des faits. Qui regarde aujourd’hui le calendrier judiciaire français a sous les yeux la photographie de ce qui se vendait il y a quinze ans, et croit y lire l’état du marché actuel.
Le montage a cent six ans
Rien de ce qui est reproché à Apollonia n’a été inventé pour Apollonia.
Boston, 1920. Un immigré italien du nom de Charles Ponzi promet 50 % de rendement en quarante-cinq jours. Son explication est convaincante : il dit exploiter un écart de change sur les coupons-réponse internationaux, ces bons qui servaient à affranchir un courrier à l’étranger. Le principe existe. Ponzi ne l’applique pas. Ses clients ne cherchent pas à le vérifier.
Il ne réalise presque aucune opération. Il paie les anciens clients avec l’argent des nouveaux. Le régulateur américain en donne aujourd’hui la définition la plus courte : une fraude dans laquelle les investisseurs existants sont payés avec les fonds collectés auprès des nouveaux entrants[14].
Le rendement ne vient d’aucune activité. Il vient des versements des clients suivants.
Personne n’achète une pyramide de Ponzi. On achète du bitcoin, des manuscrits anciens, du cannabis médical, des chambres d’hôtel cinq étoiles, des places de parking à Dubaï, un robot de trading, une formation, un appartement défiscalisé. Le support change à chaque époque. Le mécanisme tient depuis 1920.
Et à chaque époque, quelqu’un se porte garant.
Ponzi utilisait la presse locale de Boston. Madoff son carnet d’adresses et sa présidence passée du conseil du Nasdaq. Aristophil des experts et un musée du boulevard Saint-Germain. Maranatha des conseillers en gestion de patrimoine. Apollonia des notaires et des banques. En 2026, le rôle échoit à des vedettes de télé-réalité, à des créateurs de contenu et à des jurés de télévision.
Un montage de ce type vend toujours la même marchandise : une dispense de vérifier.
Le constat est inconfortable pour les deux camps du débat public sur les finfluenceurs. Il interdit d’expliquer la fraude à l’épargnant par les réseaux sociaux, puisque les trois plus gros dossiers français passés devant un tribunal ces cinq dernières années, Aristophil, Apollonia et Maranatha, près de 2,5 milliards d’euros de préjudice ou d’insuffisance d’actif, n’ont mobilisé aucun réseau social. Et il interdit symétriquement de présenter le secteur réglementé comme un abri, puisque ce sont des professionnels réglementés qui, dans ces trois affaires, ont fourni la caution.
Il manquait à ce dispositif une seule chose : un canal capable de porter l’offre devant un million de personnes en une soirée, gratuitement, et de l’adresser en priorité à ceux qui y sont le plus réceptifs.
Ce canal est arrivé au printemps 2020, avec les 150 000 nouveaux actionnaires du confinement. Personne ne les a escroqués ce jour-là. Mais un marché venait de se constituer : jeune, liquide, connecté, sans expérience et sans intermédiaire.
Six ans plus tard, l’enquête aboutit à deux comptes, et aucun ne tombe juste. Celui des pertes, d’abord : au moins 2,5 milliards d’euros en cinq ans selon les autorités, qui présentent elles-mêmes ce chiffre comme un plancher, et 4,6 milliards dans les huit grands dossiers que cette série passe en revue, jugés, démantelés ou en cours d’instruction, sur des périodes et des territoires qui ne se superposent pas.
Bibligraphie et références :
[1]Tribunal correctionnel de Marseille, décision sur les intérêts civils du 14 septembre 2026, affaire Apollonia. Indemnisations comprises entre 34 000 et 531 000 euros au bénéfice d’une dizaine de couples, pour un total de l’ordre de 3,4 millions d’euros ; six couples déboutés ; rejet des demandes formées au titre de la perte de chance ; condamnations prononcées solidairement. Sources : Les Nouvelles Publications et Agence France-Presse, 14 et 15 septembre 2026. La décision n’ayant pas été mise en ligne à la date de publication, ces éléments sont ceux rapportés par la presse présente à l’audience et doivent être vérifiés sur le texte de la décision.
[2]Bricks, communication de la plateforme et presse économique, 2023 et 2024 : campagne de fin 2023 pour un château, un million d’euros levés auprès de 3 400 investisseurs en une heure environ ; campagne de février 2024 pour un haras, 1 072 000 euros auprès de 2 808 investisseurs en moins de cinquante minutes ; tickets à partir de dix euros ; Tony Parker présenté comme ambassadeur et actionnaire de la plateforme, pour 5 millions d’euros investis en décembre 2022. Bricks est agréée par l’AMF comme prestataire de services de financement participatif depuis le 30 juin 2023. Aucune de ces opérations ne fait l’objet d’une mesure d’une autorité.
[3]AMF, Comportement des investisseurs particuliers pendant la crise covid-19, étude publiée le 27 avril 2020, portant sur la période du 24 février au 3 avril 2020 : plus de 150 000 particuliers ont acheté des actions du SBF 120 sans avoir effectué de transaction en direct sur instrument financier depuis au moins janvier 2018 ; achats d’actions françaises par les particuliers multipliés par quatre par rapport à la même période de 2019, volumes globaux de collecte nette multipliés par trois ; nouveaux investisseurs plus jeunes de dix à quinze ans ; achat médian d’environ 2 500 euros contre 5 000 pour les investisseurs habituels. Présentation reprise par La finance pour tous le 30 avril 2020.
[4]Enquête BVA Xsight pour l’AMF, octobre 2024, menée auprès de 5 001 personnes et publiée le 19 décembre 2024 : 3,2 % de victimes probables d’une arnaque à l’investissement, contre 1,2 % dans l’enquête de décembre 2021 menée auprès de 5 000 personnes. Communiqué commun du parquet de Paris, de l’AMF, de l’ACPR et de la DGCCRF du 19 décembre 2024.
[5]Tribunal correctionnel de Marseille, jugement du 15 janvier 2026 : Jean et Viviane Badache condamnés à sept ans d’emprisonnement ferme et 2,5 millions d’euros d’amende pour escroquerie en bande organisée ; confiscations évaluées à environ vingt millions d’euros. Procès tenu du 31 mars au 6 juin 2025. Sources : Le Monde, L’Humanité, France 3 Provence-Alpes et CNews, 15 et 16 janvier 2026. Décision frappée d’appel, donc non définitive.
[6]Procès en appel audiencé du 1er mars au 16 avril 2027. Les sources divergent sur le lieu des audiences, la cour d’appel d’Aix-en-Provence étant territorialement compétente tandis qu’un média régional annonce des audiences tenues à Marseille. Point à vérifier auprès du greffe avant publication.
[7]Association des victimes d’Apollonia : environ quatre cents adhérents, en majorité des professionnels de santé, et environ deux mille personnes recensées comme touchées, dont trois suicides. Ces chiffres émanent de l’association et n’ont pas été retenus comme tels par la juridiction, qui a statué sur un nombre de parties civiles très inférieur.
[8]Tribunal correctionnel de Marseille, jugement du 15 janvier 2026, précité. Quatorze personnes physiques et la société Apollonia comparaissaient. Outre les deux fondateurs : trois notaires condamnés à des peines de dix-huit mois à cinq ans, un avocat à cinq ans dont trois avec sursis, quatre commerciaux à des peines de trois à cinq ans, et le fils des fondateurs à un an ferme et trois ans avec sursis. Le parquet avait requis jusqu’à dix ans. Le jugement retient un préjudice supérieur à 1,2 milliard d’euros et 115 millions d’euros de commissions perçues entre 2004 et 2009. Sources : La Gazette France et Agence France-Presse, 15 janvier 2026.
[9]Mise en examen de trois notaires marseillais le 31 janvier 2010 pour faux en écriture ; sanctions disciplinaires prononcées à la fin de 2013, interdictions d’exercer de dix mois à un an pour manquements aux obligations de conseil, de renseignement, de prudence, de probité et d’impartialité. La part d’activité réalisée avec Apollonia, évaluée à environ 70 %, est reprise des pièces de procédure citées par les conseils des parties civiles. Élément à vérifier sur le dossier avant publication.
[10]Anomalies relevées dans la délivrance des offres de prêt : revenus d’emprunteurs falsifiés, surévaluation des biens dans un rapport de 2,5 à 6, non-respect des délais de rétractation prévus par la loi Scrivener, offres de prêt adressées à la société plutôt qu’aux emprunteurs. Éléments établis par les conseils des parties civiles et repris dans la chronologie publique de l’affaire. Les établissements cités n’ont pas été renvoyés devant le tribunal correctionnel : le 5 juin 2019, ils sont demeurés témoins assistés, tandis que la mise en examen de cadres bancaires avait été confirmée en 2018.
[11]Cour d’appel de Paris, arrêt du 9 mai 2025 : condamnation d’une société civile professionnelle de notaires et de quatre compagnies d’assurances à 625 781 euros d’indemnisation et 65 000 euros au titre des frais de procédure, pour défaut de vérification des garanties légales prévues par le code de la construction et de l’habitation lors de la vente de lots à Saint-Maur-des-Fossés. Source : Petites Affiches, mai 2025.
[12]Article 706-164 du code de procédure pénale : toute personne physique qui s’est constituée partie civile et a obtenu une décision définitive lui accordant des dommages et intérêts peut obtenir le paiement de ces sommes sur les biens de son auteur ayant fait l’objet d’une confiscation, par l’intermédiaire de l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués. La condition tenant au caractère définitif de la décision fait obstacle à toute affectation tant que l’appel n’est pas jugé.
[13]Divergences relevées entre Les Nouvelles Publications, l’Agence France-Presse et France 3 Provence-Alpes, septembre 2026, ainsi qu’avec le jugement du 15 janvier 2026.
[14]U.S. Securities and Exchange Commission, Ponzi Scheme, fiche du site Investor.gov : « a Ponzi scheme is an investment fraud that pays existing investors with funds collected from new investors ».
Par La Rédaction
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La rédaction d’AQUI.Media prolonge l’esprit libre et régional d’Aqui.fr, média fondé en 2006. Indépendante et ancrée en Nouvelle-Aquitaine, elle explore l’économie, la société et l’innovation, avec un ton engagé, impertinent et sans filtre.
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