L'essentiel
- Sur 2024-2025, 49,1 % des Néo-Aquitaines de 50 à 74 ans ont fait leur mammographie de dépistage organisé (France : 45,7 %), avec 11,5 points d'écart entre les Landes (55,7 %) et la Charente-Maritime (44,2 %).
- En décembre 2023, le gouvernement annonçait pour la Charente-Maritime près de 2 millions d'euros, des mammographes mobiles et un plan visant 80 % de participation ; le taux du département est passé de 44,0 % à 44,2 %.
- Les Deux-Sèvres perdent 7,4 points en deux ans (45,3 %), sur fond de délais de mammographie dépassant parfois un an selon la députée Delphine Batho.
Sur 2024-2025, 11,5 points séparent les Landes de la Charente-Maritime dans le dépistage organisé du cancer du sein, selon Santé publique France. Dernière de la région, la Charente-Maritime n'a pas progressé en deux ans, malgré quatre engagements pris par le gouvernement devant l'Assemblée nationale en décembre 2023. Deuxième volet de notre série Octobre Rose.
Les chiffres sont tombés cet été, sans bruit, dans un tableau Excel de Santé publique France. Sur 2024-2025, 49,1 % des Néo-Aquitaines de 50 à 74 ans ont réalisé leur mammographie dans le dépistage organisé, contre 45,7 % en France. C'est un peu mieux qu'en 2022-2023 (48,3 %), la seule comparaison valable puisque chaque femme est invitée tous les deux ans, et loin de l'objectif européen de 70 %. (Taux standardisés sur l'âge, d'où de légers écarts avec les taux bruts de l'ARS cités dans notre agenda.)
Treize ans de recul national, malgré les mobilisations Octobre Rose chaque année
La tendance de fond descend. Le taux brut national a culminé à 52,4 % sur 2011-2012 ; il est à 45,7 % sur 2024-2025, sans avoir retrouvé son niveau d'avant le Covid. Toutes les tranches d'âge reculent, les 55-59 ans en tête (43,9 %). Les campagnes Octobre Rose n'ont pas inversé la courbe.

Nouvelle-Aquitaine face dépistage au cancer du sein : douze départements, deux régions
Sur la carte nationale de l'année 2025, les Landes (55,5 %) sont le seul département néo-aquitain dans la teinte la plus foncée. Les Deux-Sèvres (39,4 %) tombent sous les 40 %, comme Paris ; la Charente (40,6 %) et la Charente-Maritime (43,4 %) suivent. Sur cette seule année, la région (47,0 %) passe même sous la moyenne nationale (47,5 %), un signal à confirmer.

Sur deux ans, cinq départements dépassent 50 %, Landes en tête (55,7 %), et la Gironde stagne à 49,4 %. La Charente (44,3 %) et la Charente-Maritime (44,2 %) ferment la marche. Les Deux-Sèvres perdent 7,4 points, de 52,7 % à 45,3 %, mais Santé publique France signale des données d'invitation incomplètes depuis que l'Assurance maladie a repris les envois, en janvier 2024. À l'inverse, la Creuse, la moins dotée de France en radiologues en 2016 selon la DREES, gagne 5,4 points : la densité médicale n'explique pas tout.
Charente-Maritime : quatre promesses, +0,2 point
Sur 2024-2025, 57 210 des 129 151 Charentaises-Maritimes ciblées ont fait leur mammographie dans le programme. Près de 72 000 ne l'ont pas faite dans ce cadre, certaines se faisant suivre sur prescription.
Le 5 décembre 2023, le député MoDem Olivier Falorni interroge le gouvernement en séance sur des délais de rendez-vous « anormalement longs ». La ministre déléguée Agnès Firmin Le Bodo prend quatre engagements, publiés au Journal officiel du 13 décembre.
Le premier a été tenu : un mammographe numérique, financé par des fonds d'Octobre Rose, a été inauguré le 22 octobre 2024 à l'hôpital de Saint-Jean-d'Angély, dans les Vals de Saintonge, territoire au taux le plus faible du département.
Le deuxième reste introuvable. Le ministère avait accordé à l'ARS « près de 2 millions d'euros », ayant permis « notamment l'acquisition de mammographes mobiles ». Nous n'avons trouvé aucune trace d'une unité mobile dans la région, quand l'Occitanie fait rouler des « Mammobiles » dans cinq départements.
Le troisième, une expérimentation d'intelligence artificielle pour accélérer la lecture des clichés, n'a fait l'objet d'aucun bilan public à notre connaissance.
Le quatrième visait « 80 % de participation » grâce à un plan de l'ARS. Deux ans plus tard, le département est passé de 44,0 % à 44,2 %.
Le 5 novembre 2024, Olivier Falorni est revenu à la charge par écrit : délais de six à sept mois, dotation du centre régional de coordination des dépistages en baisse de 26 %. Sans réponse, la question a été retirée le 28 avril 2026 pour fin de mandat.
Le goulet d'étranglement est devant la machine
Santé publique France nomme le frein : « des problèmes d'accès à la mammographie, conséquences potentielles de la baisse générale de l'offre en sénologie, sont régulièrement signalés par des acteurs locaux ».
Aucune institution ne publie pourtant de délais de mammographie, ni de densité récente de radiologues par département.
Restent les alertes des élus. Le 28 octobre 2025, la députée des Deux-Sèvres Delphine Batho a jugé dans une question écrite au Ministre de la Santé les délais « anormalement longs » en milieu rural, parfois plus d'un an, une situation « liée selon la CPAM au manque de radiologues ». France 3 décrivait alors à Niort un délai de huit mois « devenu désormais habituel ». La députée réclamait les délais par département et des « Mammobiles » pour les zones rurales. Aucune réponse n'a publiée à ce jour.
Les mammographes mobiles toujours au mouillage
L'appel à manifestation d'intérêt lancé par l'ARS en octobre 2025 pour les territoires fragiles fera l'objet de notre troisième volet. D'ici là, les deux dernières questions écrites de députés de la région sur les délais de mammographie sont restées sans réponse publique. Et celle des associations tient en une ligne : où roulent les mammographes mobiles payés par les 2 millions d'euros annoncés au Journal officiel ?

Questions fréquentes sur la mammographie
Quel est le taux de dépistage du cancer du sein en Nouvelle-Aquitaine ?
Sur 2024-2025, 49,1 % des femmes de 50 à 74 ans ont réalisé leur mammographie dans le cadre du dépistage organisé, contre 45,7 % en France, selon Santé publique France (taux standardisés). C’est un peu mieux qu’en 2022-2023 (48,3 %), mais loin de l’objectif européen de 70 %.
Quel département de Nouvelle-Aquitaine dépiste le moins le cancer du sein ?
La Charente-Maritime, avec 44,2 % sur 2024-2025, juste derrière la Charente (44,3 %). Les Landes sont en tête de la région avec 55,7 %. Les Deux-Sèvres enregistrent la plus forte baisse, de 52,7 % à 45,3 % en deux ans.
Pourquoi faut-il attendre si longtemps pour une mammographie ?
Santé publique France évoque des « problèmes d’accès à la mammographie » liés à « la baisse générale de l’offre en sénologie ». En Charente-Maritime, le député Olivier Falorni citait en 2024 des délais de six à sept mois. Dans les Deux-Sèvres, la députée Delphine Batho évoquait en 2025 plusieurs mois, parfois plus d’un an, une situation liée selon la CPAM au manque de radiologues.




