Florine Rasseneur nommée à la tête de l'IRTS Nouvelle-Aquitaine Bordeaux : qui forme les travailleurs sociaux de demain ?
L'IRTS Nouvelle-Aquitaine Bordeaux a une nouvelle directrice générale : Florine Rasseneur. Retour sur son parcours et sur le rôle de cet institut central dans la formation des travailleurs sociaux en Nouvelle-Aquitaine.

L’Association régionale du Travail Social (ARTS) Nouvelle-Aquitaine a nommé Florine Rasseneur directrice générale de l’Institut Régional du Travail Social (IRTS) Nouvelle-Aquitaine Bordeaux. Elle succède à Sophie Vincent, qui a dirigé l’établissement de 2022 à 2026. L’occasion de revenir sur le parcours de la nouvelle directrice mais aussi de mieux comprendre le rôle de cet institut, pilier de la formation des travailleurs sociaux sur le territoire.
Le Conseil d’administration de l’ARTS Nouvelle-Aquitaine l’a annoncé fin juin : Florine Rasseneur devient directrice générale de l’IRTS Nouvelle-Aquitaine Bordeaux. Une nomination qui s’inscrit dans la continuité d’un parcours professionnel construit, pas à pas, autour des enjeux du secteur social et médico-social.
D’un début de carrière classique à un engagement assumé
Diplômée de KEDGE en gestion de projet, Florine Rasseneur démarre sa carrière chez KPMG, en audit financier, puis au sein du département conseil dédié au secteur public et à la santé. Un parcours qu’elle qualifie elle-même de “classique” pour une sortie de grande école. “Peu à peu, je me suis orientée vers ce qui faisait sens pour moi”, confie-t-elle, décrivant une trajectoire qui lui “ressemble un peu plus”.
Cette bifurcation la conduit vers le monde associatif et le médico-social, où elle s’appuie sur son expérience de conseil auprès du secteur public et de la santé. Elle passe huit ans à L’IRSA, association spécialisée dans le handicap auditif et visuel, où elle occupe successivement des poste en direction qualité, innovation, projets et développement, jusqu’à la direction générale. Elle dirige notamment l’équipe relais handicaps rares Nouvelle-Aquitaine, chargée de fédérer les acteurs du social, du médico-social et du sanitaire à l’échelle de la grande région, de l’ex-Limousin au Poitou-Charentes.
Cette expérience directe du secteur médico-social explique, selon elle, son investissement à l’IRTS aujourd’hui : l’institut forme les professionnels que l’on retrouve ensuite sur le terrain et joue à ce titre un rôle déterminant dans la préparation des futurs travailleurs sociaux. “Il y a un vrai lien entre mon expérience dans le médico-social et le fait que je m’investisse à l’IRTS aujourd’hui”, résume-t-elle.
Qu’est ce que l’IRTS ?
Derrière son sigle, l’IRTS est avant tout un établissement de formation aux métiers du social et du médico-social. Il accueille en moyenne 1200 étudiants par an, un public hétérogène : étudiants classiques issus de parcours post-bac, apprentis, professionnels en formation continue ou encore en validation des acquis de l’expérience.
L’offre de formation s’étend du niveau 4 (infrabac) au niveau 6 (licence, avec des passerelles vers des masters via une double diplomation avec l’université), jusqu’à des formations de chef de service ou de direction d’établissement social et médico-social, destinées aux professionnels souhaitant évoluer.
“L’IRTS n’est pas qu’un centre de formation, c'est vraiment une sorte de plateforme de compétences qui est mise à disposition du territoire et des acteurs sociaux, médico-sociaux”, précise Florine Rasseneur. L’établissement porte en effet également un centre de recherche et un centre de documentation. Ce volet recherche s’appuie sur des partenariats avec l'université”, notamment via une convention CEDS ainsi qu’avec plusieurs associations du secteur (dont l’OREAG, sur les questions de protection de l’enfance, de handicap, de pouvoir d’agir et d’autodétermination) et avec le département, employeur important des diplômés de l’institut.
Une feuille de route de l’ancrage local à l’ambition de rayonnement
Pour ses premiers mois à la tête de l’établissement, Florine Rasseneur affiche une double priorité : prendre la mesure de l’organisation existante et donner davantage de visibilité aux missions déjà menées par l’IRTS. “Mon ambition, c’est que l’IRTS soit un lieu où l’on forme les professionnels, mais aussi un lieu où l’on réfléchit collectivement aux évolution du secteur” explique-t-elle, avec l’objectif que l’institut devienne “un laboratoire d’idées, d’innovation pédagogique, d’innovation sociale et de coopération au service des acteurs du territoire”.
Interrogée sur les difficultés actuelles du secteur, elle pointe en premier lieu un problème d’attractivité et de fidélisation des métiers du social. “Il y a une perte de sens aujourd’hui dans la plupart des professions, alors que des personnes qui recherchaient du sens dans leur métier se tournaient vers des métiers du social” observe-t-elle. Conséquence directe sur le terrain : des associations “qui manquent de forces vives”, confrontées à un fort turnover qui complique la mise en oeuvre de projets attendus par les politiques publiques.
Face à ce constat, Florine Rasseneur défend un rôle d’appui renforcé de l’IRTS, en phase avec les besoins concrets des employeurs du secteur. L’institut ne se contente pas de former en amont : il peut aussi accompagner les structures tout au long de leur transformation, via une ingénierie pédagogique sur mesure. “On peut aussi aller à la rencontre du terrain pour délivrer la formation et faire monter en compétence et répondre aux problématiques qu’ils peuvent rencontrer sur le secteur” ajoute-t-elle.
Sur son ancrage territorial, la nouvelle directrice générale s’appuie sur son passage à la tête de l’équipe relais handicaps rares Nouvelle-Aquitaine, en lien avec l’ex-Limousin et le Poitou-Charentes. “Je connais quand même très bien le réseau aujourd’hui. Ce n’est pas une découverte” assure Florine Rasseneur, évoquant une approche de travail “partenariale” et de “coopération”.
“L’importance de l’IRTS aujourd’hui et tout l’avenir de l'institut, c’est sur le fait d’investir dans la formation des professionnels du social” résume-t-elle. “Investir dans cette formation, c’est investir dans la cohésion de notre société.
Par Justine Chanteau
Auteur
Passée par le Dauphiné Libéré à Grenoble et JunkPage à Bordeaux, je suis journaliste stagiaire chez AQUI.Media pour couvrir les actualités culturelles et politiques.
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