- 22 390 recrutements prévus en Nouvelle-Aquitaine en 2026.
- 47 % jugés difficiles à pourvoir.
- 80 % de CDI, mais des métiers qui peinent à attirer.
- Vieillissement des salariés et manque de jeunes candidats.
En Nouvelle-Aquitaine, la filière transport, logistique et mobilités prévoit 22 390 recrutements en 2026. Près d'un sur deux est jugé difficile. Pourtant, 80 % des professionnels sont en CDI et 90 % travaillent à temps complet. Entre vieillissement des effectifs, conditions de travail contraignantes et déficit d'image, pourquoi ces métiers peinent-ils autant à attirer ?
Chauffeurs routiers, conducteurs de bus, ambulanciers, préparateurs de commandes, mécaniciens… Les entreprises cherchent des bras et des compétences. Mais les candidats ne se bousculent pas, loin de là. Selon une étude publiée le 9 octobre par Cap Métiers Nouvelle-Aquitaine, la filière rassemble 206 500 professionnels et 14 400 établissements. Elle prévoit 22 390 recrutements en 2026, dont 47 % jugés difficiles.

Transport - Logistique : des métiers indispensables, mais qui attirent moins
Dans le transport routier, les besoins restent particulièrement importants. Selon l'Observatoire prospectif des métiers et des qualifications dans les transports et la logistique (OPTL), la branche régionale prévoyait 2 547 recrutements de conducteurs de marchandises en 2025, auxquels s'ajoutaient 1 191 postes dans le transport sanitaire et 672 dans le transport de voyageurs.
"Notre secteur souffre d'un énorme déficit d'attractivité alors que les emplois sont là. Un jeune qui cherche un CDI, nous lui payons sa formation, lui donnons un vrai métier et un emploi stable."
Les difficultés ne sont pourtant pas propres au secteur. En Nouvelle-Aquitaine, 49,8 % de l'ensemble des projets de recrutement sont jugés difficiles en 2026, selon France Travail. C'est même légèrement plus que dans la filière transport et mobilités. L'attractivité de certains métiers est bien au coeur des problématiques RH du secteur.
Horaires, salaires, pénibilité : le CDI ne suffit plus
Le transport et la logistique offrent des emplois stables. Mais cette sécurité ne compense pas nécessairement les contraintes du quotidien. Horaires décalés, travail de nuit, déplacements prolongés, manutention physique répétitive : les conditions varient considérablement d'un métier à l'autre. Elles peuvent peser sur l'équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.
La rémunération mérite aussi d'être examinée. En 2026, le minimum conventionnel d'un conducteur routier classé 138M atteint environ 2 167 euros brut pour 169 heures mensuelles. Pour certains conducteurs, les indemnités de repas et de déplacement améliorent les sommes perçues, sans constituer du salaire. Un CDI et un revenu correct ne suffisent pas pour attirer.
Vu souvent par le prisme du chauffeur routier ou du chauffeur livreur, cette filière c'est aussi des métiers avec moins de contraintes comme ambulanciers, caristes, livreurs dernier kilomètre, réceptionnistes en entrepôts... Un champ des possibles que des candidats potentiels n'imaginent pas.
Le vieillissement des salariés, une bombe à retardement
Le problème dépasse les recrutements immédiats. Selon l'OPTL, la branche régionale compte seulement 30 salariés de moins de 30 ans pour 100 salariés de plus de 50 ans. Ce déséquilibre générationnel annonce des besoins durables de renouvellement. Cap Métiers estime à près de 11 900 les postes à pourvoir chaque année d'ici 2027, notamment pour remplacer les départs.
L'image des métiers constitue un autre obstacle potentiel. Transport routier associé à la pollution, logistique réduite à la manutention, professions encore très masculines : ces représentations masquent la diversité des carrières, du conducteur au spécialiste de la supply chain.
Former davantage, mais surtout donner envie de rester
Les formations offrent pourtant de réels débouchés. À Artigues-près-Bordeaux, l'agence de l'AFTRAL, organisme national spécialisé sur la formation à ces métiers, rappelle que 78 % des sortants du titre professionnel de conducteur routier sur porteur sont en emploi salarié six mois après leur formation.
Former davantage est nécessaire. Mais cela ne suffira pas si les entreprises ne parviennent pas à attirer, montrer la diversité de ces métiers, puis à fidéliser leurs salariés. Le défi n'est plus seulement de trouver des candidats. Il est aussi de leur donner de bonnes raisons de choisir ces métiers et d'y construire leur avenir.
Sources
Cap Métiers Nouvelle-Aquitaine, Les métiers du transport, logistique, services automobiles et mobilités, 9 octobre 2026.
OPTL, Rapport régional Nouvelle-Aquitaine 2025, données 2024 et prévisions 2025.
France Travail, Enquête Besoins en main-d'œuvre 2026, Nouvelle-Aquitaine.
Onisep / InserJeunes, données d'insertion AFTRAL Artigues-près-Bordeaux, cohortes 2023-2024.
Code du travail numérique, minima conventionnels du transport routier, 2026.
AFT, enquête nationale sur la digitalisation et les nouvelles technologies, 2025.
FAQ Le recrutement dans le secteur Transport-Logistique
Combien de recrutements sont prévus dans le transport et la logistique en Nouvelle-Aquitaine en 2026 ?
Cap Métiers recense 22 390 projets de recrutement dans la filière élargie transport, logistique, services automobiles et mobilités.
Pourquoi le transport et la logistique rencontrent-ils des difficultés de recrutement ?
Les horaires décalés, les déplacements, la pénibilité de certains métiers et le vieillissement des effectifs peuvent contribuer aux difficultés d'attractivité.
Quels métiers recrutent dans le transport en Nouvelle-Aquitaine ?
Les besoins concernent notamment les conducteurs routiers de marchandises, les ambulanciers, les conducteurs de voyageurs et les professionnels de la logistique.
Quelles formations permettent de travailler dans le transport et la logistique ?
AFTRAL et d'autres organismes proposent des formations à la conduite routière, à la manutention, à l'exploitation transport et aux métiers de la logistique.



