Nématode du pin dans les Landes : nouveau foyer à Angresse, 818 000 hectares de forêt menacés
Un ver microscopique menace la forêt landaise : 818 000 hectares, 34 000 emplois et 3 milliards d’euros sous tension face au nématode du pin.

Un ver de moins d'un millimètre. Invisible à l'œil nu, capable de tuer un pin maritime en quelques semaines. Le nématode du pin (Bursaphelenchus xylophilus) est détecté en France depuis novembre 2025, à Seignosse d'abord, puis à Angresse en mars 2026. Le 27 avril, le préfet Étienne Guyot a signé un nouvel arrêté pour renforcer les mesures de lutte. Derrière ce parasite microscopique, c'est une filière de 3 milliards d'euros de chiffre d'affaires et 34 000 emplois qui tremble.
Nématode du pin : un ver microscopique d'Amérique du Nord, tue les pins en quelques semaines
Le Bursaphelenchus xylophilus est un ver filiforme de moins d'un millimètre, originaire d'Amérique du Nord, arrivé en Europe via les échanges commerciaux à la fin des années 1990 par le Portugal. Il est classé organisme de quarantaine prioritaire par l'Union européenne. Une fois dans l'arbre, il se multiplie et bloque la circulation de la sève, ce qui provoque rougissement puis chute des aiguilles, flétrissement et dépérissement. L'arbre contaminé peut mourir en quelques semaines. Il ne présente aucun risque pour la santé humaine et animale, mais constitue un sérieux danger pour les conifères.
Le ver ne se déplace pas seul. Sa propagation s'effectue grâce à un insecte vecteur, le longicorne du pin (Monochamus galloprovincialis), qui transporte les larves d'arbre en arbre lors de ses vols et de ses pontes. C'est précisément pour cette raison que l'arrêté du 27 avril renforce les restrictions pendant la période chaude : entre avril et octobre, le longicorne reprend son activité et les risques de dispersion augmentent fortement.
818 000 hectares et 3 milliards d'euros en jeu : la forêt landaise est vulnérable
La forêt des Landes de Gascogne est considérée à haut risque en raison de son caractère très homogène : c'est une monoculture de pin maritime sur 818 000 hectares, l'une des plus vastes forêts d'Europe. La Nouvelle-Aquitaine est la première région française pour la récolte du pin maritime, qui représente à lui seul près de 90 % de la récolte nationale. Des foyers ont déjà été détectés au Portugal en 1999 et en Espagne en 2008. En cas d'introduction massive, les dommages environnementaux et économiques pour les filières forestières seraient importants. Le Portugal a perdu des centaines de milliers d'hectares de forêts de pins depuis la détection du parasite.
Abattage, zone tampon de 20 km, interdiction de coupes : comment lutter
L'arrêté du 27 avril 2026 actualise la zone délimitée autour du nouveau foyer d'Angresse. Elle comprend une zone infestée de 500 mètres autour des arbres contaminés et une zone tampon de 20 kilomètres, couvrant une cinquantaine de communes des Landes et des Pyrénées-Atlantiques, de Capbreton à Bayonne. Les opérations d'abattage se poursuivent dans un rayon de 3 kilomètres et seront prochainement étendues à 6 kilomètres, sous la supervision de l'ONF et des services de l'État.
Dans cette zone, tous les travaux d'abattage, d'élagage ou de coupe sur des résineux de plus de 3 centimètres de diamètre sont interdits sauf urgence absolue. Les rémanents de coupe doivent être broyés sur place. Les opérateurs professionnels doivent être inscrits au registre officiel et stocker leurs plants sous filets pendant la période chaude. Le projet européen FORSAID mobilise la recherche pour appuyer la filière : intelligence artificielle appliquée aux données de télédétection, pièges intelligents pour le vecteur Monochamus, détection moléculaire automatisée et science participative.
Tout symptôme évocateur, une coloration brun-rouge des aiguilles suivie d'un dépérissement rapide, doit être signalé immédiatement sur le site de la DRAAF Nouvelle-Aquitaine.
Le préfet Guyot appelle à la mobilisation collective : «La vigilance est maximale : chaque geste compte pour éviter une extension du foyer alors que nous entrons dans la période chaude à risque. Protégeons ensemble la forêt landaise.»
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Par Jacques FROISSANT
Directeur de la publication
Bordelais, œnologue, tout allait bien… jusqu’à ce que je dérape dans l’entrepreneuriat RH pour les startups. 😉 Auteur et chroniqueur (L’Express, FrenchWeb, France 3 NOA...), je suis aujourd’hui cofondateur et rédacteur en chef d’AQUI.Media
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