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Société

Inclusion LGBTQIA+ en entreprise : L'Autre Cercle mobilise les décideurs de Nouvelle-Aquitaine et en France

Le Baromètre LGBTQIA+ 2026 alerte : 1 salarié·e sur 3 victime de discrimination. L'Autre Cercle Nouvelle-Aquitaine accompagne les décideurs et entreprises vers l'inclusion. Rencontre avec Olivier Barry, coprésident de l'antenne régionale.

Par Justine Chanteau
Publié il y a 10 juin
5 min de lecture
Inclusion LGBTQIA+ en entreprise : L'Autre Cercle mobilise les décideurs de Nouvelle-Aquitaine et en France
L'Autre Cercle mobilise les décideurs de Nouvelle-Aquitaine et en France. Photo by Marek Studzinski / Unsplash

En ce mois des Fiertés, L’Autre Cercle tire la sonnette d’alarme. Le Baromètre LGBTQIA+ 2026, publié en partenariat avec l’Ifop, dresse un tableau préoccupant de la situation des personnes LGBTQIA+ dans le monde du travail. 

Initié en 2017, le Baromètre LGBTQIA+ de l’Autre Cercle est devenu l’enquête de référence sur l'inclusion au travail en France. Cette 5e édition s’appuie sur près de 75000 répondant.es, ce qui en fait l’une des études les plus représentatives sur le sujet. Les chiffres sont sans appel : plus d’un.e salarié.e LGBTQIA+ sur trois a été victime de discrimination de la part de sa direction, un taux en hausse de 12 points depuis 2024. Dans le même temps, plus d’un.e  sur trois a subi au une agression LGBTphobe au sein de son organisation. 

L’antenne Nouvelle-Aquitaine de l’Autre Cercle, sous l’impulsion d’Olivier Barry et de ses collaborateurs, connaît, au sein du territoire, un véritable regain d’activité : “ Nous sommes en train de la redynamiser, nous avons renouvelé l’équipe” , explique-t-il. Si le territoire est vaste et hétérogène, deux pôles se distinguent : “Sur la Nouvelle-Aquitaine, il y a le département qui aujourd’hui nous sollicite : la Gironde et le Pays Basque”. La Gironde, avec Bordeaux comme préfecture régionale et concentration de sièges sociaux, constitue naturellement un vivier de sensibilisation.

Les formes de LGBTphobie : ce qui se passe vraiment en entreprise

Si la situation des personnes gay et lesbienne tend à s’améliorer, les personnes trans et non-binaires sont aujourd’hui en première ligne : “Ce sont les personnes non-genrées et non-binaires qui sont aujourd’hui les plus exposées à des actes discriminatoires.”

Le baromètre le confirme avec des chiffres édifiants : 25% des salarié.es non-LGBTQIA+ se disent mal à l’aise face au coming-out d’un.e collègue trans, un chiffre en hausse de 4 points. Et si les formes grave de violence progressent (+13 points pour les agressions physiques ou sexuelles), les discriminations du quotidien restent omniprésentes. Oliver Barry le résume sans détour : “Il y a toujours autour de la machine à café, la blague déplacée comme on est pas des “pd”, “tu ressemble à une lesbienne”...”

Secteur d’activité : un déterminant majeur du niveau de risque 

Les données du baromètre confirment ce que L’Autre Cercle observe sur le terrain : le secteur d’activité est un facteur déterminant d’exposition aux discriminations. Avec 50% des salarié.es LGBTQIA+ victimes de discrimination dans le BTP-Construction et 47% dans l’agriculture et l’industrie, ces secteurs concentrent les situations les plus préoccupants. A l'inverse, l’administration (29%) et le services (32%) affichent des taux nettement inférieurs. 

Olivier Barry le formule ainsi : “Les secteurs où aujourd’hui le niveau de discrimination est le plus élevé sont bien sûr le BTP, la construction, tout ce qui est agriculture ou industrie. Plus on va vers les services ou l’administration, plus ça diminue”. Un constat qui doit interpeller les fédérations professionnelles et les directions de ces filières. 

Ce que les employeurs peuvent faire concrètement 

Face à ce tableau, L’Autre Cercle ne se contente pas d’observer : l’association propose aux employeurs et collectivités un accompagnement structuré. Le dispositif phare est la Charte d’Engagement LGBTQIA+, qui engage les signataires sur un plan d’action triennal. “C’est accompagner les collectivités et les entreprises qui souhaitent s’engager sur un vrai plan d’action porté sur trois ans, sur des politiques d’inclusion liées à l’orientation sexuelle”, explique Olivier Barry. 

En Nouvelle Aquitaine, des acteurs ont déjà franchi le pas : le Conseil départemental de Gironde ou la mairie de Bordeaux, Héméra ou la CPAM de Bayonne ou de Pau : “On sent qu’il y a de nouveaux entrants: les personnes reviennent vers nous et s’engagent” se félicite le coprésident. 

Au-delà de la charte, l’association propose des ateliers de sensibilisation, des formations, des webinaires et des guides pratiques, pensés pour outiller les directions RH et les représentants du personnel : “ Notre discours, c’est de prôner l’inclusion au sens large, intégrer la lutte contre le discrimination LGBTQIA+ dans une politique globale RH d’inclusion.” insiste Olivier Barry. 

Les résultats : l’engagement produit des effets mesurables 

Les entreprises hésitantes trouveront dans le Baromètre 2026 un argument de poids : l’engagement fonctionne. Dans les organisations signataires de la Charte, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Près de deux fois moins de discriminations que la moyenne nationale, près de six fois moins d’actes de violence physique, 91% des organisations jugées LGBT-friendly et un taux de malaise face au coming-out d’un.e collègue réduit de 13 points. 

Olivier Barry résume en ces termes : “ Dans les entreprises qui signent la charte d’engagement, il y a moins de discrimination car plus de visibilité des personnes LGBTQIA+ et donc plus d’épanouissement professionnel. Il y a deux fois plus de visibilité dans ces entreprises que dans une entreprise qui n’est pas engagée.”

Le Baromètre 2026 l’affirme sans ambiguïté : “ Ce n’est pas seulement un outil de mesure, il est un signal d’alerte”. Pour les entreprises et collectivités de Nouvelle-Aquitaine qui n’ont pas encore franchi le pas, Olivier Barry rappelle que la réglementation impose désormais des politiques d’inclusion : “Les politiques d’inclusion sont obligatoires pour l’entreprise en terme de politique RH. Il y a de toute façon la partie réglementaire où les entreprises doivent y aller.”

Mais au-delà de la contrainte légale, c’est une question de performance et d’attractivité. Dans un marché du travail en tension, offrir un environnement de travail sûr et inclusif est devenu un avantage concurrentiel, et les chiffres du baromètre le prouvent. 

Informations pratiques : 

Pour en savoir plus ou rejoindre la démarche : autrecercle.org/nouvelle-aquitaine — contact.na@autrecercle.org 

JU

Par Justine Chanteau

Auteur

Passée par le Dauphiné Libéré à Grenoble et JunkPage à Bordeaux, je suis journaliste stagiaire chez AQUI.Media pour couvrir les actualités culturelles et politiques.

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