Le studio de jeux vidéo Big Bad Wolf ferme à Bordeaux : 46 emplois supprimés
Deux mois après la sortie de Cthulhu: The Cosmic Abyss, le studio Big Bad Wolf ferme définitivement à Bordeaux. La décision entraîne le licenciement de 46 salariés et s'inscrit dans une vague de restructurations au sein du groupe Nacon.
Le studio bordelais avait dix ans. Fondé en 2014, Big Bad Wolf vient de fermer ses portes, entraînant le licenciement de 46 salariés. Une fin brutale qui intervient à peine deux mois après la sortie de son dernier jeu, Cthulhu : The Cosmic Abyss, le 16 avril 2026.
Un calendrier qui dit la précipitation
Big Bad Wolf n'était pas une entreprise indépendante. Le studio, installé cours d'Albret à Bordeaux, était une filiale de Cyanide, lui-même propriété de l'éditeur français Nacon, en redressement judiciaire depuis le mois de mars. Selon les informations rendues publiques par le Syndicat des travailleurs et travailleuses du jeu vidéo (STJV), la fermeture couvait en réalité depuis début mai.
Le 7 mai, la direction de Cyanide a annoncé aux salariés de Nanterre que le site bordelais allait fermer. Ceux de Big Bad Wolf, eux, n'étaient pas conviés à cette réunion et n'ont appris la nouvelle que par leurs collègues nantais. Le 11 mai, le CSE central de Cyanide s'est vu présenter un plan de sauvegarde de l'emploi confirmant la suppression des 46 postes du studio bordelais, accompagnée de 4 licenciements économiques supplémentaires à Nanterre.
Un jeu produit dans l'urgence, des équipes à bout
La fermeture intervient après une production éclair. Cthulhu : The Cosmic Abyss a été développé en à peine deux ans, un délai jugé extrêmement court au regard des ambitions affichées par l'éditeur : livrer un rendu de qualité AAA avec un budget de catégorie AA. Selon le STJV, cette pression s'est traduite par des mois d'heures supplémentaires. Le syndicat évoque 20 % de l'effectif du studio ayant eu recours à un arrêt de travail, pour un total de 400 jours prescrits.
Commercialement, le jeu n'a pas convaincu : un score de 67 sur Metacritic et moins de 5 000 exemplaires vendus en trois semaines. Pour un studio jugé peu productif, avec seulement deux jeux à son actif depuis sa création (The Council et Vampire: The Masquerade – Swansong), Cthulhu apparaît rétrospectivement comme le dernier coup tenté avant la fermeture.
Une saignée qui dépasse largement Bordeaux
Le cas bordelais n'est qu'un segment d'un effondrement plus large. Nacon, en proie à des difficultés financières chroniques selon le STJV, a déjà liquidé le studio Spiders (GreedFall, Steelrising) et Nacon Tech, tout en menant des licenciements massifs chez Kylotonn. Au total, le syndicat estime à près de 200 le nombre de personnes affectées par les déboires du groupe.
Pour le STJV, ce naufrage est la conséquence directe d'une stratégie d'acquisitions menée sans vision de long terme. Le syndicat avait déjà appelé à une grève nationale le 27 mai pour dénoncer une vague de plus de 1 000 emplois supprimés ou menacés dans l'industrie du jeu vidéo française. Pour l'instant, ni Nacon ni Cyanide n'ont communiqué publiquement sur la fermeture de Big Bad Wolf au-delà des procédures sociales engagées.
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Par César Rosenzweig
Auteur
Journaliste stagiaire chez AQUI.Media, je couvre les actualités économiques et les entreprises de Nouvelle-Aquitaine. Diplômé en commerce de l'ESG, je me forme au journalisme à l'EFJ Bordeaux. Mon ambition : devenir journaliste sportif.
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