Le Moulleau, une glace et l'éternité
Une glace à la main, la jetée du Moulleau s'étire sur le Bassin d'Arcachon entre Dune du Pilat et Cap-Ferret. Un bonheur simple, iodé, avec un petit air des années 60 qui ne se justifie pas, il se vit.

Un bonheur simple au bout de la jetée
Il y a des endroits qui n'ont pas besoin de se justifier. La plage du Moulleau, à l'extrémité sud d'Arcachon, est de ceux-là. On y arrive presque par hasard, après avoir longé la côte et profité des points de vue sur le Bassin et le Cap-Ferret à travers les pins. Le Bassin s'ouvre à vous, immense, lumineux, apaisé.
Le rituel commence toujours de la même façon : un arrêt chez un des glaciers. Vous avez le choix entre la Maison du Glacier, Aux Délices Glacés, et Glacier Pilat. Deux boules pistache et framboise, ou vanille tout simplement, selon l'humeur posées sur un cornet craquant. Puis on s'avance sur la jetée.
La jetée du Moulleau est une invitation à ralentir
Pile dans l'axe Phare du Cap-Ferret - Notre Dame des Passes, elle s'étire sur le Bassin comme une phrase qui n'en finit pas de se prolonger. On marche. On s'arrête. On regarde. À gauche, la Dune du Pilat dresse sa muraille de sable dorée, si proche qu'on pourrait presque y toucher. En face, c'est toute la pointe du Ferret qui s'offre à vous, et à droite Pereire et les au fond l'Ile aux Oiseaux. La glace fond doucement. On lèche le bord du cornet avec la concentration d'un enfant. Autour, quelques mouettes planent sans effort. Une voile blanche traverse le plan d'eau au loin. Le vent venu de l'océan vous caresse le visage d'iode.
C'est dans ces détails infimes la douceur de la lumière, le soleil sur l'eau, le goût sucré contrebalancé par la fraîcheur du vent que réside le bonheur du Moulleau. En fonction de votre humeur vous pouvez prolonger par une balade le long de la plage vers la Dune du Pilat ou vers Pereire. Pas de spectacle extraordinaire. Juste la vie, au bon endroit, au bon rythme. On reste là plus longtemps que prévu, bien sûr.
Au Moulleau, il y a toujours avec un petit air des années 60-70 qui reste bien présent.
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Par Jacques FROISSANT
Directeur de la publication
Bordelais, œnologue, tout allait bien… jusqu’à ce que je dérape dans l’entrepreneuriat RH pour les startups. 😉 Auteur et chroniqueur (L’Express, FrenchWeb, France 3 NOA...), je suis aujourd’hui cofondateur et rédacteur en chef d’AQUI.Media
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