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Vins

Œnotourisme dans le Bordelais : un vignoble qui attire 6,8 millions de visiteurs par an

Avec 6,8 millions de visiteurs par an et une clientèle américaine en hausse de 33 %, l'œnotourisme bordelais ne se résume plus à la visite de chai. Premier vignoble visité de France, le Bordelais s'est mué en destination à part entière.

Par Justine Chanteau
Publié il y a 13 mai
3 min de lecture
Œnotourisme dans le Bordelais : un vignoble qui attire 6,8 millions de visiteurs par an
Photo d'illustration

On ne vient plus seulement dans le Bordelais pour acheter une caisse de Pauillac ou visiter un chai. On y vient passer un week-end, dîner dans les vignes, dormir dans un château, pédaler entre les ceps ou visiter en tuk-tuk. L’oenotourisme bordelais a mué, de vitrine commerciale il est devenu une destination à part entière. Les chiffres le confirment, 6,8 millions de visites par an ( Gironde Tourisme, 2025 ) , une demande en hausse de 5% en 2024 et des visiteurs américains en progression de 33% ( Baromètre Atout France / Rue des Vignerons, 2025 ). 

Le Bordelais, premier vignoble visité en France

Le vignoble bordelais n’est pas seulement le plus grand vignoble de vins fins au monde, c’est aussi le plus visité de France. Avec 6,8 millions de visiteurs annuels, il devance largement ses concurrents bourguignons et champenois. Une position de leader qui ne doit rien au hasard, mais tout à une notoriété mondiale construite sur des siècles d’histoire viticole. 

A l’échelle internationale, Bordeaux figure dans le top 5 des vignobles français les plus recherchés, aux côtés de la Champagne, la Bourgogne, la Provence et le Val de Loire ( Baromètre Atout France / Rue des Vignerons, 2025 ). Et si la clientèle française reste majoritaire, c’est du côté des visiteurs étrangers que la dynamique est la plus spectaculaire. Les Américains ont ainsi augmenté de 33% leurs recherches autour de l’oenotourisme bordelais en 2024, représentant désormais près de la moitié des requêtes anglophones. 

Qui sont ces visiteurs ? Majoritairement des CSP+, à 58% masculins, mais surtout, des curieux plutôt que des experts. Seulement 6% des oenotouristes se considèrent comme des connaisseurs en vin ( Global Wine Tourism Report, 2025 ). Une donnée qui change tout dans la façon de concevoir l’offre. 

Une offre qui se diversifie et se professionnalise 

L'oenotourisme bordelais ne se résume plus à la visite de chai suivie d’une dégustation. En quelques années, l’offre s’est considérablement élargie et structurée. Hébergements insolites, activités outdoor, séjours bien-être. Le vignoble bordelais propose aujourd’hui une palette d’expériences qui rivalise avec les grandes destinations touristiques européennes. 

Cette montée en gamme est mesurable. En novembre 2025, la 22ème cérémonie des Best of Wine Tourism a récompensé 21 structures girondines dans des catégories aussi diverses que l’architecture, l'art et la culture, la gastronomie ou l’hébergement, preuve d’une professionnalisation continue et d’une offre qui couvre désormais bien plus que le seul univers du vin. 

La gastronomie s’impose d’ailleurs comme le nouveau moteur de l’oenotourisme bordelais. Selon le Global Wine Tourism Report 2025, 58% des domaines viticoles dans le monde citent les accords mets et vins parmi leurs principales innovations, et deux tiers d’entre eux considèrent l’oenotourisme comme une activité rentable, générant en moyenne 25% de leur chiffre d’affaires total.

Et cette fidélisation a une valeur économique concrète. Le panier moyen d’un oenotouriste en France atteint 74,80€, dont 56€  d’achats directs de vin au domaine (Baromètre Atout France / Rue des Vignerons, 2025 ). Un chiffre qui illustre l’intérêt stratégique de l’accueil touristique pour les vignerons : vendre l’expérience, c’est aussi vendre le vin. 

L’oenotourisme bordelais n’est plus un à-côté du vin, c’est devenu une industrie à part entière, portée par une demande mondiale en plein essor. Reste à savoir comment le vignoble entend transformer cet élan en opportunité durable pour l’ensemble de ses acteurs. 

JU

Par Justine Chanteau

Auteur

Passée par le Dauphiné Libéré à Grenoble et JunkPage à Bordeaux, je suis journaliste stagiaire chez AQUI.Media pour couvrir les actualités culturelles et politiques.

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