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Energie

Voitures électriques en Nouvelle-Aquitaine : 18 600 bornes, 20 % du marché national et un plan à 10 milliards d'euros

Gazole à 2,226 euros le litre début mai 2026, 26 % de parts de marché pour l'électrique en avril. La Nouvelle-Aquitaine à déjà mis en service 18 606 bornes. Ce que le plan à 10 milliards change concrètement pour les Néo-Aquitains.

Par César Rosenzweig
Publié il y a 13 mai
4 min de lecture

Le 5 mai 2026, le gazole affichait 2,226 euros le litre dans les stations françaises. Un record absolu depuis 1985, né des frappes israélo-américaines contre l'Iran fin février, qui ont fait bondir le gazole de 50 centimes en un mois. Dans ce contexte, les ventes de voitures électriques ont atteint 26 % de part de marché en avril 2026, contre 20 % sur l'ensemble de 2025. Le timing du plan gouvernemental d'électrification, présenté le 23 avril avec 10 milliards d'euros par an d'ici 2030, ne doit rien au hasard. Pour la Nouvelle-Aquitaine, grande région de transit et de zones rurales, les enjeux sont particuliers.

Renault 5, leasing social, score environnemental : les leviers qui font le marché français

Le marché électrique français repose sur trois piliers. Les aides publiques d'abord. Depuis le 1er juillet 2025, le bonus écologique a été remplacé par la prime «coup de pouce véhicules particuliers électriques». En 2026, elle peut atteindre 5 700 euros pour les ménages précaires, avec un bonus supplémentaire de 2 000 euros si la batterie est fabriquée en Europe. Sans ces dispositifs, la part de marché des particuliers resterait autour de 8 %. Le leasing social, relancé dès l'été 2026 avec 50 000 nouveaux véhicules à moins de 200 euros par mois, vise les ménages modestes et les «gros rouleurs» des classes moyennes. Sébastien Lecornu a posé le cadre : «Faire 100 km en véhicule électrique coûte en moyenne 2 ou 3 euros, contre 11 euros en moyenne avec du diesel.»

L'offre ensuite. La Renault 5 E-Tech, produite à Douai, s'est imposée comme le modèle le plus vendu avec 18 % de part de marché en avril 2026. BYD affiche +149,9 % en janvier 2026, MG atteint 2,1 % de part de marché : la concurrence chinoise monte en puissance. La part de la motorisation électrique dans les flottes est passée de 12 % en 2024 à 19,1 % en 2025. Le diesel pur s'effondre à 3 % du marché, contre 50 % il y a dix ans.

Nouvelle-Aquitaine : 18 606 bornes publiques fin 2025, troisième région française

En Nouvelle-Aquitaine, la transition suit la dynamique nationale. En 2023, les motorisations alternatives représentaient déjà 24 % des nouvelles immatriculations dans la région, contre 20 % l'année précédente. La Gironde concentre 28 % des immatriculations régionales, suivie de la Charente-Maritime et des Pyrénées-Atlantiques.

Avec 18 606 points de recharge publics fin 2025, la Nouvelle-Aquitaine est la troisième région française pour les infrastructures de recharge, derrière l'Île-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes. Un réseau en progression de 21 % sur un an. La densité du réseau autoroutier régional, notamment sur l'A63 et l'A10, deux axes majeurs de transit vers l'Espagne et Paris, joue un rôle structurant dans ce déploiement. Mais un défi spécifique se pose : la Nouvelle-Aquitaine est une région très étendue avec une forte proportion de zones rurales et périurbaines, là où la voiture reste indispensable et où les ménages modestes sont les plus nombreux.

Leasing social, aides à domicile, artisans : le plan gouvernemental cible les profils néo-aquitains

Le plan du 23 avril 2026 double le soutien public, qui passera de 5,5 à 10 milliards d'euros par an d'ici 2030. Pour les Néo-Aquitains, les mesures les plus concrètes concernent précisément les profils les plus présents dans la région. Les 50 000 véhicules en leasing social à moins de 200 euros par mois et les 50 000 autres aidés pour les «gros rouleurs» des classes moyennes ciblent directement aides à domicile, infirmières libérales et artisans du bâtiment, qui font des dizaines de milliers de kilomètres par an dans une région où les distances sont longues.

La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a fixé la méthode : «Nous devons encore accélérer pour rendre cette révolution de l'électrique accessible à tous les territoires et à toutes les bourses. On ne va pas imposer ces mesures depuis Paris.» Le spécialiste Thierry Bros prévient que tant que le détroit d'Ormuz restera fermé, le prix du carburant devrait augmenter de l'ordre de 20 centimes supplémentaires par litre. Pour les Néo-Aquitains qui font le plein deux fois par semaine, la question de l'électrique devient moins théorique que pratique.

Par César Rosenzweig

Auteur

Journaliste stagiaire chez AQUI.Media, je couvre les actualités économiques et les entreprises de Nouvelle-Aquitaine. Diplômé en commerce de l'ESG, je me forme au journalisme à l'EFJ Bordeaux. Mon ambition : devenir journaliste sportif.

Bordeaux

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