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Edito

Le vrai visage du RN à l’épreuve des faits

À peine un mois après les Municipales, les élus RN se lâchent. Drapeaux retirés, 1er mai supprimé, marche des fiertés annulée. L'image policée du parti n'était que le masque du vieux Front National. Les maires parlent plus clairement que les discours de Bardella.

Par Jean-François Puech
Publié il y a 27 avr.
3 min de lecture
Le vrai visage du RN à l’épreuve des faits
Le vrai visage du RN à l’épreuve des faits Photo by Mathias Reding / Unsplash

À peine un gros mois après les Municipales, les élus RN se lâchent idéologiquement. Pas en coulisses : en plein jour, maire par maire, drapeau par drapeau. Et si en fait l'image policée « vu à la TV » n'était que le masque du vieux Front National ? Et que dire de son leader, le jeune prébubère en quête de l'Élysée…

Soyons clairs : je me contrefous que Bardella soit en photo dans Paris Match avec une princesse italienne membre du gotha mondain. Mais comment ne pas être inquiet de le voir s'afficher avec une députée européenne polonaise pour qui l'avortement est un crime, niant ainsi un droit inscrit dans notre Constitution ?

Dans la même veine, au rassemblement des droites fascistes à Milan, sa sortie contre Pedro Sánchez fut indigne. Remarquez, Retailleau, jamais en retard pour laver plus à droite, veut lui mettre l'Espagne au « ban des nations européennes »…

Mais le chef a au moins « l'intelligence » de nous servir sa soupe hors des frontières ; ses nouveaux maires agissent à visage découvert.

Liévin, ville du Nord, marquée par tant de luttes sociales, de drames liés à la mine (42 morts en 1974), cité ouvrière emblématique. Eh bien, fin des cérémonies du 1er mai, dixit le nouveau maire RN/FN, Dany Paiva : celles-ci « sont là uniquement pour faire de la politique au niveau national » et de la « propagande ».

Dans les Hauts-de-France, d'autres mesures prises par les maires RN ont récemment fait l'objet de controverses. À Harnes, le nouveau maire RN a ainsi décidé, à peine élu, de retirer les drapeaux européen et ukrainien du fronton de la mairie, les remplaçant par des drapeaux tricolores. Il a aussi fait retirer un buste de Robespierre de la salle du conseil municipal, estimant que « le pire guillotineur de l'histoire française n'avait rien à y faire ».

Et que dire de la lutte contre les discriminations et particulièrement l'homophobie… Le maire d'Elne (Pyrénées-Orientales), Steve Fortel, classé « divers extrême droite », a décidé de retirer le drapeau arc-en-ciel du fronton de sa mairie et de recouvrir un passage piéton qui portait les mêmes couleurs. Ce week-end, l'édile divers droite de Faches-Thumesnil a lui aussi pris la décision d'enlever la bannière LGBT pavoisant l'hôtel de ville de cette commune du Nord, et a annoncé l'annulation de la marche des fiertés, provoquant l'ire des associations.

Dans un an, presque jour pour jour, aura lieu le premier tour de la Présidentielle. Il serait grandement temps que le RN/FN nous explique sa vision sociétale autrement que par les décisions de ses maires. Et surtout que le mini-moi, qui devait remplacer Maman Marine, remette de l'ordre dans ses troupes, ou tout au moins dans ses idées.

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Par Jean-François Puech

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