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Bassin d'Arcachon

Affaire Foulon : convoqué au tribunal correctionnel, le maire d'Arcachon répondra de ses menaces le 1er juillet

Auditionné ce mercredi 29 avril à la Division de la criminalité organisée et spécialisée de Bordeaux, le maire LR d'Arcachon Yves Foulon a été convoqué au tribunal correctionnel pour le 1er juillet. L'affaire des menaces proférées devant un bureau de vote entre dans sa phase judiciaire.

Par Jacques FROISSANT
Publié il y a 29 avr.
4 min de lecture
Affaire Foulon : convoqué au tribunal correctionnel, le maire d'Arcachon répondra de ses menaces le 1er juillet
Affaire Yves Foulon : convoqué au tribunal correctionnel

Ce mercredi 29 avril, Yves Foulon s'est présenté à l'hôtel de police de Bordeaux pour être entendu en audition libre par les enquêteurs de la Division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS). À l'issue de cette audition, le maire LR d'Arcachon a reçu une convocation à comparaître devant le tribunal correctionnel de Bordeaux le 1er juillet prochain. L'affaire des menaces proférées devant un bureau de vote le 15 mars 2026 entre dans sa phase judiciaire.

Affaire Foulon du scandale à la convocation : quarante-cinq jours

Rappel des faits. Le 15 mars 2026, jour du premier tour des municipales, Yves Foulon s'en prend verbalement à son adversaire écologiste Vital Baude devant un bureau de vote d'Arcachon. Le réalisateur Stéphane Scotto, qui tourne depuis trois semaines un documentaire sur la campagne de Baude, capte la scène intégralement, micro ouvert. AQUI.media a eu accès à la séquence complète, sept minutes, sans montage, moins d'une heure après les faits. Nous en avions publié l'analyse dès le 17 mars.

Ce que la vidéo documente sans ambiguïté : des menaces de violences physiques, des insultes en série, des intimidations visant la vie privée et la famille de Vital Baude. Le parquet de Bordeaux a ouvert une enquête pour « menace de crime ou délit contre les personnes ou les biens à l'encontre d'un élu public, injure non publique et violences ». Vital Baude avait déposé plainte au commissariat d'Arcachon dès le soir du 15 mars.

La défense Foulon : excuses et contre-attaque

Ses avocats, Mes Benoît Ducos-Ader et Arnaud Dupin, ont réagi ce mercredi auprès de Sud Ouest : « Yves Foulon a très vite condamné ses propos et présenté des excuses publiques et totales à tous ceux qu'il a pu heurter et blesser. Il en répondra devant la justice. »

Mais la défense ne s'arrête pas là. Les conseils du maire ont également annoncé avoir déposé une plainte pour violation de la vie privée, au motif que « cette affaire est née de la commission d'une infraction qui est une provocation à l'infraction » et que « ce système d'enregistrement pose question ».

La contradiction Scotto

Cette ligne de défense se heurte frontalement aux faits établis, que Stéphane Scotto a pris soin de détailler dans une lettre ouverte adressée le 25 avril à Bruno Retailleau, président des LR, qui avait repris les mêmes arguments au micro de France Inter le 8 avril.

Scotto est formel : il tournait un documentaire depuis trois semaines sur la campagne de Vital Baude. Ce jour-là, le candidat portait un micro dans le cadre d'un tournage en cours pas d'un dispositif dissimulé. Foulon ne remarque pas la présence du réalisateur, en retrait pour filmer les panneaux d'affichage. La séquence de sept minutes commence dans la voiture de Baude, bien avant l'arrivée au bureau de vote. AQUI.media l'a vérifiée : il n'y a aucun montage, aucune ellipse sur la séquence litigieuse.

Nous avions déjà passé au crible le communiqué d'Yves Foulon point par point dès le 19 mars : la thèse du « coup monté » ne résistait pas alors à l'examen des faits. Elle ne résiste pas davantage aujourd'hui à celui du tribunal.

Dans sa lettre ouverte, Scotto formule par ailleurs une mise en garde que la convocation du 1er juillet rend plus concrète : en installant dans le débat public une version altérée des faits, les soutiens politiques de Foulon contribuent selon lui à « créer et alimenter un climat » hostile à l'égard des témoins. « Cette situation engage directement notre sécurité et celle de nos proches », écrit-il.

Le 1er juillet, devant le correctionnel

Yves Foulon n'est pas un maire ordinaire. Au-delà d'Arcachon, il est vice-président du SIBA, le Syndicat Intercommunal du Bassin d'Arcachon, qui gère l'assainissement et la promotion touristique de l'ensemble du territoire, et siège comme vice-président de la COBAS, la communauté d'agglomération du Bassin d'Arcachon Sud, dont il a été président pendant quatre ans. Il est par ailleurs président du conseil de surveillance du Centre Hospitalier d'Arcachon/La Teste et conseiller régional de Nouvelle-Aquitaine. Chevalier de la Légion d'honneur depuis juillet 2025, il cumule des responsabilités qui engagent bien au-delà des 11 000 habitants d'Arcachon.

C'est donc en cette qualité, premier responsable intercommunal d'un territoire qui court de Lège-Cap-Ferret à Gujan-Mestras, qu'il comparaîtra devant le tribunal correctionnel de Bordeaux le 1er juillet. Une question se pose, naturellement : les habitants des autres communes du Bassin, qui ne l'ont pas élu mais subissent son autorité au SIBA et à la COBAS, se reconnaissent-ils dans celui qui les représente ?

L'audience du 1er juillet ne sera pas la seule échéance judiciaire de ce dossier. Une plainte distincte, déposée par l'association AC! Anti-Corruption pour « faux et usage de faux » et « prise illégale d'intérêts » autour de la démolition de la Villa Salesse, est actuellement en cours d'analyse au parquet de Bordeaux. AQUI.media y consacre un second article.

JA

Par Jacques FROISSANT

Directeur de la publication

Bordelais, œnologue, tout allait bien… jusqu’à ce que je dérape dans l’entrepreneuriat RH pour les startups. 😉 Auteur et chroniqueur (L’Express, FrenchWeb, France 3 NOA...), je suis aujourd’hui cofondateur et rédacteur en chef d’AQUI.Media

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