Garorock au Stade Atlantique, la partition sonne faux
Eventim voulait déplacer Garorock de Marmande à Bordeaux. Entre politique locale et calculs budgétaires, la métropole a préféré dire non.

Le géant allemand Eventim rêvait d’un Garorock bordelais. Mais entre calculs politiques et solidarité de gauche, la métropole a préféré renoncer à accueillir le plus gros festival de Nouvelle-Aquitaine. Une décision qui laisse un goût amer, jusque dans les caisses du Stade Atlantique.
Eventim lorgne vers Bordeaux
Depuis la reprise du festival Garorock, il y a deux ans, par Eventim, la pérennité du festival et de son implantation à Marmande est toujours d’actualité. En 2025, avec 120 000 entrées, Garorock demeure l'un des plus gros évènements culturels de la Région Nouvelle-Aquitaine.
Eventim n’a jamais caché son souhait de vouloir quitter Marmande pour se rapprocher de la métropole régionale. La société allemande avait donc sollicité Christine Bost qui est de facto la « boss » du stade et de sa régie après la faillite de SBA. Le stade a déjà accueilli de nombreux gros concerts et la proximité du camping de Bordeaux permettait l’accueil de tous les festivaliers. N’oublions pas ce camping est la propriété de la mairie de Bordeaux.
Le camping, l’âme du festival
Le camping, justement, cela fait partie de l'essence de Garorock, selon des festivaliers habituels. pour rappel en 2025 c'est 78000 campeurs.
"Garorock sans l'ambiance de Marmande et son camping, c'est comme un match de un rugby sans troisième mi-temps !" nous répond Florence, une habituée.
Bordeaux, capitale musicale manquée
Avec le festival ODP, Bordeaux Open Air, et tant d’autres l’implantation de Garorock à Bordeaux aurait fait de la ville un pôle incontournable de la musique actuelle. Il y a avait aussi des avantages à le faire venir à Bordeaux tout en soignant l'esprit Festival. A Paris, une bon exemple est Solidays, qui a lui aussi son camping avec ambiance festival.
La politique s’en mêle
Mais c’était sans compter la solidarité entre élus de gauche. A six mois des municipales, le maire de Marmande, le socialiste Joël Hocquelet, se trouve sous pression et l’avenir du festival est au cœur de la campagne. Le RN a toujours fait des scores importants en Lot et Garonne et Marmande fait partie de la liste des sous-préfectures rurales visées par le RN.
C’est donc par solidarité « de gauche » que Pierre Hurmic et Christine Bost ont décidés de ne pas aller plus loin dans les échanges avec Eventim.
Un luxe que Bordeaux ne peut plus se permettre ?
Quand on sait que le Stade Atlantique est un gouffre financier pour Bordeaux Métropole, refuser de discuter de l'implantation de Garorock, c’est peut-être se payer le luxe… de rester dans le rouge.
Mots-clés :
Par Jean-François Puech
Auteur
Ancien rugbyman reconverti en entrepreneur de l'impact, Jeff Puech a fondé Ovale Citoyen, premier club de rugby pour réfugiés et SDF. Co-fondateur d'AQUI, il couvre politique, inclusion et sport.
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