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Culture

Fort Boyard : le chantier du siècle avance, l'ouverture au public se précise

Le fort Boyard s'effondrait. Depuis 2025, le Département de la Charente-Maritime a engagé un chantier de 44 millions d'euros pour le sauver. Les structures de protection prennent forme à Saint-Nazaire. Objectif : ouvrir le fort au public dès l'été 2028.

Par César Rosenzweig
Publié il y a 16 juin
3 min de lecture
Fort Boyard : le chantier du siècle avance, l'ouverture au public se précise
Construit entre 1803 et 1857, militaire puis prison, tombé à l'abandon avant de devenir un décor de jeu télévisé mondialement connu, le fort Boyard entame peut-être sa troisième vie

Derrière l'émission, il y a un fort qui s'effondre. Ou plutôt, qui s'effondrait. Depuis 2025, le Département de la Charente-Maritime a engagé un chantier de 44 millions d'euros pour sauver le fort Boyard avant qu'il ne soit trop tard. Un point d'étape a été fait le 9 juin dernier avec l'entreprise ETPO, mandataire du groupement en charge des travaux. L'avancement est visible. Les structures prennent forme. Et pour la première fois, une date d'ouverture au public se profile : l'été 2028.

Deux colosses de béton construits à Saint-Nazaire

Le cœur du chantier ne se passe pas au large de Charente-Maritime, mais à 300 kilomètres au nord, dans la forme en radoub du port de Nantes-Saint-Nazaire. C'est le seul site de la façade atlantique capable d'accueillir un chantier de cette ampleur, avec sa cale sèche de plus de 200 mètres de long.

Depuis octobre 2025, les équipes d'ETPO y construisent deux ouvrages de protection préfabriqués. Un éperon brise-lames, destiné au nord-ouest du fort, qui utilisera près de 4 500 tonnes de béton et s'élèvera jusqu'à 10 mètres de hauteur. Et un havre d'accostage, côté sud-est, qui permettra pour la première fois d'y débarquer en sécurité. Ces deux structures devront être achevées d'ici la fin 2026, mises à flot entre septembre et octobre, puis remorquées jusqu'au port de La Pallice à La Rochelle avant leur installation sur site en 2027.

Une risberme à reconstruire, un fort à stabiliser

En mer, les travaux avancent en parallèle. Depuis avril 2026, les opérations de confortement de la risberme se poursuivent autour du fort. Cette plateforme de pierre qui encercle la base de l'édifice et protège ses fondations avait presque entièrement disparu sous les assauts répétés de l'océan. "Avec les fissures qui lézardent les murs, il y a urgence. Tout l'édifice bouge, faute de protection. Si rien n'est fait, il s'écroulera", avait prévenu Sylvie Marcilly, présidente du Département.

Le diagnostic est posé depuis plusieurs années. Les études techniques menées entre 2020 et 2023 ont conclu à une ruine inéluctable sans intervention. Le marché de conception-réalisation a été attribué en avril 2024 au groupement ETPO, accompagné d'Architecture Patrimoine et de BRL Ingénierie. Les travaux ont débuté à l'été 2025.

Un monument bientôt ouvert au public

Ce qui rend ce chantier singulier, au-delà de sa complexité technique, c'est ce qu'il rend possible. Propriété du Département depuis 1989, le fort Boyard n'a jamais été accessible au public. La réfection des ouvrages de protection et la création du havre d'accostage ouvrent cette perspective pour la première fois. Des visites sont prévues dès l'été 2028, d'août à octobre.

Pour financer les 44 millions d'euros du projet, le Département s'est appuyé sur des subventions de l'État, de la Région Nouvelle-Aquitaine et de l'Europe, complétées par une campagne de mécénat lancée en partenariat avec la Fondation du patrimoine. Une première phase grand public a permis de récolter un million d'euros. La recherche de grands mécènes est en cours.

Construit entre 1803 et 1857, militaire puis prison, tombé à l'abandon avant de devenir un décor de jeu télévisé mondialement connu, le fort Boyard entame peut-être sa troisième vie.

Par César Rosenzweig

Auteur

Journaliste stagiaire chez AQUI.Media, je couvre les actualités économiques et les entreprises de Nouvelle-Aquitaine. Diplômé en commerce de l'ESG, je me forme au journalisme à l'EFJ Bordeaux. Mon ambition : devenir journaliste sportif.

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