Édito Politique : La candeur Dessertine à l’épreuve de la « real politik » bordelaise : et maintenant ?
À Bordeaux, le retrait de Philippe Dessertine par la petite porte révèle la brutalité des rapports de force politiques et complique le report de voix vers Thomas Cazenave.
Une défaite politique. Mais surtout une leçon.
À Bordeaux, les idéaux se fracassent parfois sur les rochers de la politique réelle. Philippe Dessertine, économiste médiatique au verbe tranchant, avait osé défier les codes d’un système qu’il dénonçait pourtant à voix haute. Pendant quelques semaines, cet outsider avait fait souffler un vent de fraîcheur sur une scène locale engourdie par ses habitudes. Mais la machine politique bordelaise ne pardonne pas les candeurs. Pris en étau entre les injonctions des ténors de la droite et du centre, il a finalement plié. Retour sur une retraite qui en dit long sur les impitoyables règles du jeu politique.
La pression était trop forte
Philippe Dessertine jette l’éponge, tancé par les ténors de la droite et du centre, de Bruno Retailleau à Gabriel Attal, en passant par Gérard Larcher et Édouard Philippe, sans compter les messages des médias pour lesquels il travaille. Le conclave tenu jusqu’au dernier moment avec son épouse et son directeur de campagne aura été piloté toute la journée d’hier.
Dessertine est donc contraint de trahir une position qu’il a voulu tenir contre vents et marées. On ne peut que louer la vision de revenir à la politique au sens noble du terme, au service des citoyens. Mais le discours anti-système, qui flirtait parfois avec le populisme LFiste, a fini par braquer toute une classe contre lui, alors qu’il détenait les clés d’une alternance locale.
À force d’entêtement sur la forme, alors que la ligne de conduite aurait pu être tenue sur le fond, le candidat « indépendant » sort par cette petite porte des idéalistes, laissant derrière lui la rancœur d’un discours creux, où cette décision imposée par le système n’a même pas été assumée. N’aurait-il pas été plus digne de dire : « Il m’a été demandé de le faire, je ne veux pas être celui qui empêche », ce qui aurait ouvert d’autres voies ?
La politique reste le métier le plus brutal du monde, à la hauteur des responsabilités que les futurs édiles visent, qui change la vie des gens. Comme sur un terrain de rugby, il y a des règles, des pratiques et des codes, dont il est impossible, in fine, de s’affranchir complètement. Dessertine en aura fait l’amère expérience.
Le gâchis est réel. D’autant plus que cette sortie sans gloire, cet abandon de poste, ne sert finalement pas complètement Thomas Cazenave, qui avait pourtant « fait le job ». Il lui reste désormais à convaincre l’ensemble des électeurs de Dessertine de reporter leurs voix sur sa candidature, même si l’écart n’est que de 1 900 petites voix avec Pierre Hurmic…
Effectivement, une seconde campagne démarre à Bordeaux.
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Par La Rédaction
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