Partager cet article

Société

A Bordeaux, près d’un étudiant sur deux a changé sa façon de travailler avec l’IA

À Bordeaux, 48 % des étudiants utilisent l'IA pour leurs travaux universitaires, selon un rapport Adobe Acrobat. Six sur dix terminent leurs essais en moins de 12h. Décryptage des chiffres, des perceptions et des écarts entre générations.

Par Justine Chanteau
Publié il y a 22 juin
3 min de lecture
A Bordeaux, près d’un étudiant sur deux a changé sa façon de travailler avec l’IA
A Bordeaux, près d’un étudiant sur deux a changé sa façon de travailler avec l’IA. Photo by Compare Fibre / Unsplash

A l’approche des résultats du baccalauréat, le 7 juillet, un rapport d’Adobe Acrobat s’intéresse à un autre virage scolaire : celui de l’enseignement supérieur. L’entreprise américaine a interrogé 1500 étudiants et diplômés en France, en Allemagne et au Royaume-Uni (500 par pays), entre le 14 février et le 19 février 2026, pour mesurer l’impact de l’intelligence artificielle sur leur quotidien académique. A Bordeaux l’adoption de ces outils atteint 48%, plaçant la ville au onzième rang des quinze villes françaises étudiées.

Selon le rapport, 48% des étudiants bordelais utilisent l’IA, par exemple ChatGPT ou DeepL, pour effectuer leurs recherches et éditer leurs travaux. Ce taux place la ville en retrait par rapport au trio de tête : Clermont-Ferrand (86%), Rennes (67%) et Montpellier (59%). Lyon ,Brest et Marseille suivent avec 54 et 55%, tandis que Paris se situe à 52%. 

Malgré ce positionnement concret pour une majorité d’étudiants bordelais. Six sur dix terminent désormais leurs essais en moins de douze heures, dont 26% en moins de cinq heures, un changement de rythme de travail loin des sessions interminables à la bibliothèque que décrit Adobe dans son rapport. 

Productivité plutôt que paresse 

L’enquête s’intéresse aussi à la perception que les étudiants ont de ces outils. A bordeaux, seuls 24% des sondés estiment que l’IA rend les élèves paresseux et moins créatifs, un chiffre qui suggère une adhésion globalement positive à ces nouvelles pratiques. Au niveau national, le rapport nuance ce constat : 13% des étudiants interrogés en France admettent être devenus “plus paresseux” face à une information devenue plus accessible, tandis que 15% craignent que leur créativité ait diminué depuis l’introduction de ces outils. 

A l’inverse, plus d’un cinquième des répondants français (22%) jugent que la qualité de leur travail s’est améliorée grâce aux outils numériques, qui limitent le risque d’erreur. Pour 29% des sondés, c’est l’intelligence artificielle qui leur fait gagner plus de temps, devant les outils de traduction instantanée comme DeepL, cités par 16% d’entre eux. 

Un fossé générationnel marqué 

Le rapport met en évidence un écart net entre générations. Près de la moitié des 18-24 ans (47%) considèrent l’IA comme leur principal gain de temps, contre seulement 5% des plus de 65 ans. Plus de la moitié des répondants de plus de 65 ans (52%) déclarent même n’avoir disposé d’aucun outil pour gagner du temps à l’époque de leurs études, faute de technologies disponibles. 

Cette adoption générationnelle se traduit aussi sur le plan financier. Près de la moitié des 24-35 ans (45%) utilisent l’IA pour libérer du temps et exercer une activité rémunérée en parallèle de leurs études, contre seulement 8% des 55-64 ans. 

Clermont-Ferrand, championne nationale 

Si Bordeaux reste en retrait, certaines villes universitaires françaises affichent une adoption massive. A Clermont-Ferrand, 86% des étudiants utilisent l’IA pour leurs recherches, leur rédaction, leurs traductions ou l’édition de leurs travaux, soit une adoption huit fois supérieure à celle de Nîmes ou du Havre, citées par Adobe comme les villes les moins concernées par ce phénomène. 

A Rennes, où 67% des étudiants ont recours à l’IA, les pratiques de partage de fichiers diffèrent toutefois des standards d’entreprise : seul un étudiant sur dix utilise les espaces Microsoft pour ses travaux de groupe, la majorité préférant des solutions en lignes alternatives. 

Le rapport complet est disponible sur le site d’Adobe Acrobat

Mots-clés :

JU

Par Justine Chanteau

Auteur

Passée par le Dauphiné Libéré à Grenoble et JunkPage à Bordeaux, je suis journaliste stagiaire chez AQUI.Media pour couvrir les actualités culturelles et politiques.

Bordeaux