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French Tech

Start-up Day 2026 : à la Cité numérique, les lauréats Unitec confirment le virage deeptech

Start-up Day 2026 : 500 visiteurs, 64 start-up et une matinée inédite dédiée à l'amorçage à la Cité numérique. Les cinq lauréats des Unitec Awards confirment, à leur échelle, le glissement du web vers la deeptech déjà observé dans notre bilan des levées 2026.

Par Jacques FROISSANT
Publié il y a 14 sept.
5 min de lecture
Start-up Day 2026 : à la Cité numérique, les lauréats Unitec confirment le virage deeptech
Start-up Day 2026 Unitec les lauréats Bordeaux Cité numérique

Cinq cents visiteurs, soixante-quatre start-up exposantes, une matinée entièrement dédiée à l'amorçage : le Start-up Day d'Unitec a rassemblé le 10 septembre l'écosystème régional à la Cité numérique à Bègles. Les cinq lauréats des Unitec Awards 2026, confirment une tendance : celle d'une French Tech Nouvelle-Aquitaine qui, projet après projet, glisse du web vers la deeptech.

Précisons d'emblée les limites de l'exercice. Cinq prix répartis dans cinq catégories imposées (Croissance, Deeptech, Jeune entrepreneur, Femme entrepreneure, Néo Terra) ne constituent pas un échantillon statistique. On ne peut pas en tirer la même démonstration chiffrée que celle que nous avions faite dans « French Tech Nouvelle-Aquitaine : 360 millions en sept mois, le financement repart-il vraiment ? », où le ticket moyen hors méga-opérations progressait de 45 % sur la base du baromètre French Tech Bordeaux. Mais la photographie des lauréats de cette 8ᵉ édition, prise isolément, va exactement dans le sens de ce que nous écrivions début septembre : un paysage régional avec moins de projets « web » et davantage de projets « tech », plus compliqués à financer mais portés par des équipes plus matures.

Une matinée pensée pour les premières levées de fonds

La nouveauté de cette édition en dit long sur l'état du marché. Pour la première fois, Unitec a organisé une matinée entièrement consacrée aux start-up en recherche de financement : quinze d'entre elles, toutes en levée de moins de 600 000 euros, ont pitché devant dix-sept investisseurs. Un format calibré sur les petits tours de table (le "Seed"), précisément le segment que nous identifiions comme le point faible de l'écosystème régional dans notre article sur la French Tech Bordeaux « grande oubliée » du financement.

À 11 heures, une table ronde a prolongé le sujet, consacrée aux « défis du premier tour de table et à l'amorçage en 2026 ». Elle réunissait Yoann Ebrard, Start-up Manager et Relations Investisseurs chez Unitec, Valentin Bernard de Paris Business Angels, Julien Gillet-Daubin de Capital Cell et Madeleine Moscatelli, qui dirige justement l'un des lauréats du jour, BeLiver.

Le reste de la journée a suivi un format plus classique : plus de 500 visiteurs, 64 start-up exposantes réparties entre les espaces Unitec, Wellio et Microsoft, autour de cinq filières (FoodTech/AgTech, Industrie, Santé, Santé numérique, Numérique), et plus de 500 rendez-vous business organisés dans la journée. Les incubateurs Impulsion, Transitions, Bernard Magrez Start-up Win, Bordeaux Care Lab et L'Auberge étaient mis en avant sur l'espace Unitec.

Les cinq lauréats, un dénominateur commun : le temps long

Sustaain, prix Croissance

Récompensée par iii-Financements, In Extenso Innovation Croissance et la BPACA, Sustaain vend aux négociants et transformateurs de matières premières agricoles (café, cacao, huile de palme, soja, caoutchouc, bois) une plateforme d'intelligence documentaire qui automatise la conformité au règlement européen sur la déforestation (EUDR). Sur son site, la société affiche des clients du calibre de JDE Peet's, Volcafe ou Touton, et revendique le passage d'une évaluation de conformité par lot « d'une semaine à une heure » grâce à l'IA. C'est un logiciel B2B, mais taillé pour un problème réglementaire et industriel lourd, à l'opposé d'une appli grand public.

PORTYQ, prix Deeptech

Récompensée par CF – Compagnie Fiduciaire, FINALLI et Aquinov, PORTYQ développe des algorithmes de cryptographie post-quantique destinés à protéger les entreprises contre les attaques permises par les futurs ordinateurs quantiques. Le communiqué d'Unitec reste la source la plus complète à laquelle nous avons pu accéder à ce stade : le site de la société n'était pas consultable au moment de la rédaction. Nous ne disposons donc d'aucune donnée vérifiée sur son stade de financement ou ses premiers clients, et préférons le dire plutôt que d'habiller cette absence.

NEOLISTO, prix Jeune entrepreneur (-30 ans)

Récompensée par Deixis, TGS France et CIC Sud-Ouest, NEOLISTO conçoit des dispositifs médicaux destinés à améliorer la prise en charge des nouveau-nés prématurés et hospitalisés. Même remarque que pour PORTYQ : au-delà de la description fournie par Unitec, nous n'avons pas trouvé d'information publique exploitable sur l'état d'avancement du produit ou d'éventuels premiers contrats hospitaliers.

BeLiver, prix Femme entrepreneure

Récompensée par La Direction, arken avocats et SG, BeLiver développe une plateforme d'aide à la décision pour les oncologues, combinant profilage protéomique haute résolution des tumeurs et intelligence artificielle pour estimer la probabilité de réponse d'un patient à différents traitements. La société le précise elle-même : ses outils sont encore en développement, non commercialisés et pas encore marqués CE au titre du règlement européen IVDR. Elle s'appuie sur un tour de partenaires typique de la medtech française, entre argent public et écosystème académique : BPI France, la Région Nouvelle-Aquitaine, des fonds européens FEDER/FSE, la SATT Aquitaine Science Transfert, Spark Bordeaux, et des collaborations avec le CHU de Bordeaux, l'Université de Bordeaux et l'Inserm.

STARFISH Bioscience, prix Néo Terra

Récompensée par la Région Nouvelle-Aquitaine, STARFISH Bioscience utilise le séquençage ADN et l'intelligence artificielle pour identifier, dans les microbiotes des sols, les bactéries dites « keystones », puis les isoler et les cultiver pour régénérer des sols agricoles dégradés. La société avait déjà reçu le prix Deeptech aux CIC Start Innovation Business Awards en novembre 2024. Son pipeline, encore au stade de la découverte et du pré-développement pour ses deux premières solutions, est adossé à des financements publics et institutionnels : Bpifrance, France 2030, Seventure, Inrae.

Une French Tech plus lente à financer, mais pas moins ambitieuse

Sur les cinq lauréats, un seul, Sustaain, ressemble à un logiciel B2B au cycle de vente classique. Les quatre autres, deeptech cryptographique, medtech néonatale, biotech oncologique et agritech microbiologique, partagent un point commun : des cycles de développement longs, des validations réglementaires ou cliniques à franchir, et des tours de table où l'argent public (Bpifrance, Région, SATT, fonds européens, CHU) pèse autant sinon plus que le capital-risque privé. C'est exactement la tension que pointait le partner de fonds que nous citions début septembre : des projets « plus compliqués, plus difficiles à financer mais souvent portés par des équipes avec plus de maturité et de savoir-faire ».


JA

Par Jacques FROISSANT

Directeur de la publication

Bordelais, œnologue, tout allait bien… jusqu’à ce que je dérape dans l’entrepreneuriat RH pour les startups. 😉 Auteur et chroniqueur (L’Express, FrenchWeb, France 3 NOA...), je suis aujourd’hui cofondateur et rédacteur en chef d’AQUI.Media

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