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Municipales 2026

Nouvelle-Aquitaine : les brebis galeuses du RN candidats aux municipales par Streetpress

Selon une enquête de StreetPress, plus de 170 candidats RN ou alliés aux municipales 2026 ont tenu des propos racistes, complotistes ou extrémistes. Plusieurs cas émergent en Nouvelle-Aquitaine.

Par La Rédaction
Publié il y a 11 mars
4 min de lecture
Nouvelle-Aquitaine : les brebis galeuses du RN candidats aux municipales par Streetpress
Les brebis galeuses du RN candidats aux municipales Photo by jymy duhomme / Unsplash

Bordeaux, Andernos, Limoges, Brive, Bergerac... les candidats RN au passé douteux sont nombreux. En 2024, une avalanche de révélations sur les candidats RN racistes, homophobes ou fans du nazisme ont ralenti l’ascension du parti d’extrême droite aux élections législatives anticipées. Depuis, Jordan Bardella et Marine Le Pen avaient assuré, encore une fois, avoir fait le ménage et ne plus présenter de candidats problématiques. Deux ans plus tard, plusieurs enquêtes de presse suggèrent que ce nettoyage est loin d’être terminé.

Ce discours ne résiste pas aux dernières révélations de la presse depuis le début de la campagne des élections municipales, qui auront lieu le 15 et 22 mars. De plus en plus de médias comme StreetPress, Mediapart,Les Jours, Libération ou Le Monde auquel se joint AQUI.Media ont recensés de nombreuses « brebis galeuses ».

Selon l'enquête publiée par StreetPress, c'est plus de 170 candidats du Rassemblement national ou de ses alliés, comme l'UDR d’Éric Ciotti, qui ont tenu des propos racistes, complotistes ou ouvertement extrémistes.

StreetPress les répertorie toutes sur une cartographie interactive.

Les "brebis galeuses" du RN et ses alliés par StreetPress
Les "brebis galeuses" du RN et ses alliés par StreetPress

Nouvelle-Aquitaine : les brebis galeuses du RN révélées par la presse

Bordeaux : l’eurodéputée RN Julie Rechagneux dans la tourmente

Julie Rechagneux, candidate RN à Bordeaux, Eurodéputée depuis 2024, posait il y a plusieurs années, lorsqu’elle était responsable du FNJ en Gironde, avec des néonazis. En 2016, elle assistait à une formation du groupuscule néofasciste Bordeaux nationaliste. Sur Twitter, elle avait relayé et publié à la même période des propos discriminants, supprimés depuis. Enfin, elle a embauché, plusieurs mois durant au Parlement européen, Lionel Dubos, un assistant parlementaire qui animait un compte X sur lequel il faisait l’apologie du GUD.

Brive : Valéry Elophe et la radicalité assumée

Valéry Elophe, candidat RN à Brive la Gaillarde, conseiller régional, a été condamné en novembre 2023 pour injures publiques après avoir qualifié la CFDT, la CGT, la FSU et FO d’« idiots utiles et collabos des terroristes du Hamas ». Adepte de la théorie complotiste et raciste du « grand remplacement », il est vent debout contre l’immigration et ses responsables qui seraient les « associations immigrationnistes », Emmanuel Macron, qui voudrait « poursuivre la destruction du peuple français », l’État, l’Union européenne, les élites « mondialistes », mais aussi les « ONG complices financées par nos impôts et Soros », le milliardaire juif d’origine hongroise qui est depuis des années une cible récurrente de l’extrême droite. Mais Valéry Elophe ne s’arrête pas là : il s’en est pris à la « propagande idéologique climatique dans les lycées » portée par les « prophètes de l’apocalypse climatique » et autres « khmers verts ». Et il estime que l’AFP ou France 2 feraient de la « propagande idéologique ». Il qualifie même le quotidien régional La Montagne de « Pravda » et de « média de manipulation progressiste woke au service de l’idéologie hors sol LGBTQIA ». Rien que ça.

La liste RN à Andernos : une série de publications xénophobes

Philippe Baconnet, candidat RN à Andernos : Nostalgique de la monarchie française, il a publié en 2017 un cliché du journal collaborationniste « Breiz Atao » diffusé en mai 1944. Ce dernier vantait l’alliance du nationalisme breton avec le nazisme.

Patrick Watrin, sur la liste RN à Andernos : Il figure en onzième position sur la liste RN locale. En plus de relayer des discours prorusses, il a partagé en septembre 2022 sur Facebook une publication affirmant qu'il fallait « supprimer toutes les mosquées de chez nous ».

Philippe Kuilenberg, sur la liste RN à Andernos : Vingt-troisième nom sur la liste, il souhaite « interdire l’islam en France », considère que « la gauche est une maladie mentale », que « l’islamophobie est un droit » et que « combattre l’islam [est] un devoir ». Il a aussi publié plusieurs montages racistes sur Facebook.

Le RN assure régulièrement avoir « fait le ménage » dans ses investitures. Les enquêtes de presse racontent une autre histoire.

À travers la France, comme en Nouvelle-Aquitaine, les révélations s’accumulent sur des candidats aux publications racistes, complotistes ou ouvertement extrémistes. Pour un parti qui cherche à se présenter comme une force de gouvernement crédible, la promesse de respectabilité se heurte encore trop souvent aux archives d’internet.

Reste à savoir si ces casseroles pèseront réellement dans les urnes… ou si elles continueront à glisser sur un électorat désormais habitué aux polémiques.

LA

Par La Rédaction

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La rédaction d’AQUI.Media prolonge l’esprit libre et régional d’Aqui.fr, média fondé en 2006. Indépendante et ancrée en Nouvelle-Aquitaine, elle explore l’économie, la société et l’innovation, avec un ton engagé, impertinent et sans filtre.

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