Bordeaux Métropole et le compostage communautaire : quand composter rapporte plus qu'incinérer
Une étude Zero Waste Europe et Bordeaux Métropole démontre que composter les déchets alimentaires coûte moins cher qu'incinérer. 312 euros de coût net par tonne à l'incinération contre 25 euros de bénéfice avec le compostage. 400 sites communautaires déployés d'ici fin 2026.

Un tiers des déchets résiduels de Bordeaux Métropole, soit environ 174 000 tonnes par an, est constitué de déchets alimentaires envoyés directement à l'incinération. Une étude d'analyse coûts-bénéfices publiée ce jour par Zero Waste Europe et Bordeaux Métropole démontre que ce choix coûte plus cher aux contribuables que le compostage communautaire. Les chiffres sont clairs : l'incinération génère un coût net de 312 euros par tonne de déchets alimentaires, contre un bénéfice net de 25 euros par tonne pour le compostage communautaire. L'étude recommande que Bordeaux Métropole continue de privilégier le compostage décentralisé plutôt que l'incinération.
Bordeaux Métropole : 400 sites de compostage communautaire déployés d'ici fin 2026
En 2025, Bordeaux Métropole a déjà mis en place 100 sites de compostage communautaire dans la zone de la ceinture extérieure, qui représente environ 30 % de la population totale de la métropole. Elle vise 300 sites supplémentaires d'ici la fin de 2026, pour atteindre 400 sites au total. Ces sites permettent aux habitants de déposer leurs déchets alimentaires dans des bacs collectifs plutôt que de les jeter avec les déchets résiduels qui partent à l'incinération.
L'étude a été réalisée par Paul Jones du cabinet sud-africain Lumec, en partenariat avec Zero Waste Europe et Bordeaux Métropole. Elle a été rédigée par Jack McQuibban et Nanna Bille Cornelsen de Zero Waste Europe, ainsi que Marianne Thibault du Réseau Compost Citoyen, avec le soutien de l'équipe de Bordeaux Métropole : Céline Scheneider, Tony Pebarthe et Hélène Morin. Elle évalue les impacts économiques, sociaux et environnementaux du déploiement de 400 sites sur une période de cinq ans, en comparant deux scénarios : le statu quo, dans lequel les déchets alimentaires continuent d'être incinérés, et le détournement vers le compostage communautaire.
Analyse coûts-bénéfices à Bordeaux Métropole : le compostage communautaire plus rentable que l'incinération des déchets alimentaires
Les résultats sont sans ambiguïté. Sur une période de cinq ans, le scénario de statu quo génère une valeur actuelle nette de -2,4 millions d'euros, soit un coût net de 312 euros par tonne de déchets alimentaires. Le scénario de compostage communautaire génère une valeur actuelle nette positive de 193 595 euros, soit un bénéfice net de 25 euros par tonne, en supposant que 65 % des ménages desservis utilisent effectivement les sites de compostage.
L'étude précise que même dans un scénario plus conservateur, où seulement 50 % des ménages participent, le compostage communautaire génère des coûts inférieurs à ceux de l'incinération. La variable la plus déterminante reste le taux de participation des ménages : plus il est élevé, plus les bénéfices sont importants.
Émissions évitées, compost local, liens de quartier : les bénéfices au-delà des économies financières
Les bénéfices ne sont pas uniquement financiers. Le compostage communautaire permet d'éviter les émissions de gaz à effet de serre liées à l'incinération, de produire du compost de haute qualité pour restaurer les sols locaux, et de renforcer les liens de voisinage autour des sites. L'initiative s'inscrit dans le cadre de la loi française AGEC, la loi «Anti-gaspillage pour une économie circulaire» promulguée en 2020, qui privilégie la réduction, la réutilisation et le recyclage des déchets par rapport à l'incinération.
À l'échelle européenne, le contexte est préoccupant : 10 % des denrées alimentaires mises à disposition des consommateurs dans l'UE sont gaspillées, soit environ 60 millions de tonnes par an, pour un coût estimé à 130 milliards d'euros. Les déchets alimentaires représentent entre 8 et 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Bordeaux Métropole fait partie des rares métropoles françaises à avoir engagé une démarche aussi documentée et chiffrée sur ce sujet. L'étude complète est disponible en français et en anglais sur le site de Zero Waste Europe.
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Par César Rosenzweig
Auteur
Journaliste stagiaire chez AQUI.Media, je couvre les actualités économiques et les entreprises de Nouvelle-Aquitaine. Diplômé en commerce de l'ESG, je me forme au journalisme à l'EFJ Bordeaux. Mon ambition : devenir journaliste sportif.
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