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Politique

Pourquoi la politique m’ennuie (a minima) profondément …

Pourquoi la politique ennuie de plus en plus. Entre 49.3 à répétition, alliances brouillées et violence idéologique, la confiance démocratique s’érode.

Par Jean-François Puech
Publié il y a 27 févr.
3 min de lecture
Pourquoi la politique m’ennuie (a minima) profondément …
L'édito politique de Jeff Puech. Photo by Arthur Rausch / Unsplash

L'édito politique de Jean-François Puech.

Depuis l’âge de 15 ans, la politique et son environnement ont toujours été un fil rouge dans ma vie de citoyen. Ce média était donc l’occasion pour moi de mettre des mots et de partager ma vision de ce qui reste un fondement de notre démocratie.
Mais depuis plusieurs semaines, je sèche devant mon clavier. Le spectacle affligeant que nous donnent à voir nos élus, ou ceux qui espèrent l’être, est totalement désespérant.

L’Assemblée nationale ou le théâtre permanent

L’Assemblée nationale en est le triste exemple. Des mois de discussions, des motions de censure à répétition, et des hurlements, cris et anathèmes pour être plus précis, pour finir comme d’habitude depuis 2022 par l’adoption du budget par 49.3. Le recours à l’article 49.3 n’est pas illégal. Il est constitutionnel. Mais utilisé à répétition, il devient le symptôme d’une incapacité structurelle à construire des majorités stables. Aucun débat de fond, des motions de censure systématiques, j’en passe et des meilleurs.

Une trahison silencieuse des électeurs

C’est surtout une forme de trahison des électeurs à laquelle nous sommes confrontés.

Comment un électeur de la NUPES ou des LR peut-il comprendre et surtout accepter la réalité des votes ? Les LR, soi-disant héritiers du gaullisme, hésitent entre le bloc central et des alliances électorales avec le RN. Le PS, qui ne doit sa survie et ses élus qu’à une alliance avec LFI et les Verts, passe des accords avec le Gouvernement Lecornu. Et que dire des élus macronistes qui avalent un budget qui renie toutes les mesures prises lors du premier quinquennat.

Il n’y a plus aucun corpus idéologique dans notre classe politique. Sans avoir fait Sciences Po, l’électeur lambda a l’impression que son vote n’engage plus aucunement celui vers lequel se porte son choix.

La vérité du jour ne tient que le temps que la rosée du matin s’évapore. LFI est le parti honni pour le PS, mais pour les municipales, on va quand même négocier. Une élue LR candidate à Marseille annonce sans rougir que sa devise est « travail, famille, patrie ».

Quand la violence remplace l’argument

Et tout cela finit par la mort d’un jeune homme lynché par d’autres gamins du même âge. Si je suis profondément antifa, même en ayant eu une activité professionnelle avec un élu RN, ce coup de folie n’est en rien excusable. Il y a toujours eu des affrontements violents entre les rouges et les bruns, mais jamais au point de tuer depuis des années. Les gauchos ont leur martyr avec Clément Méric, les fachos le leur avec Quentin. Dans les deux cas, les auteurs ne sont que des couards qui chassent en meute et lynchent leur victime au sol. Vous n’êtes rien que des faibles indignes de revendiquer la moindre opinion politique.

2027, concours Lépine ou sursaut ?

La campagne présidentielle est le Saint Graal. Elle est censée être la mère des batailles démocratiques. En 2027, elle sera le concours Lépine de la démagogie. Inflation de promesses. Radicalisation des discours. Simplifications outrancières.

Selon les enquêtes du CEVIPOF ces dernières années, la défiance envers les partis politiques atteint des niveaux historiquement élevés. Plus de 70 % des Français déclarent ne pas faire confiance aux partis. Ce chiffre n’est pas anecdotique. Il est révélateur.

La campagne 2027 sera très certainement le symbole de la déliquescence de notre démocratie et du combat d’idées remplacé par la tactique permanente.
La question n’est peut-être plus de savoir qui gagnera en 2027, mais combien croiront encore que cela changera réellement quelque chose.

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Par Jean-François Puech

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