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Bordeaux

Édito politique : 42 %, les élections municipales à Bordeaux sur le fil

À Bordeaux, 42 % des électeurs abordent le second tour sans leur candidat. Entre un maire écologiste qui peine à incarner autre chose qu'un procès en macronisme, et un challenger dont le virage sécuritaire surprend, le duel Hurmic-Cazenave s'annonce serré.

Par La Rédaction
Publié il y a 19 mars
2 min de lecture
Édito politique : 42 %, les élections municipales à Bordeaux sur le fil
L'hôtel de ville de Bordeaux, en jeu dimanche. 42 % des électeurs y arrivent sans boussole. @Aquimedia

42 %, c'est le pourcentage des Bordelais qui ne disposeront plus de l'offre politique qu'ils souhaitent dimanche. Sans compter sur une abstention qui pourrait jouer les troubles-fêtes, entre choix volontaire de ne pas voter, et l'appel du soleil du bassin...

Après la poussée inédite des deux listes de droite et de centre-droit, la triangulaire bordelaise attendue s'est transformée en duel direct entre deux visions de l'avenir de la capitale du Sud-Ouest :

  • Un pari ouvertement écologiste à poursuivre, parfois jusqu'à l'extrême pour Pierre Hurmic (on se souviendra de l'épisode des bancs vissés sur la place Tourny, et de la confusion de communication qui s'en est suivie) et
  • Un projet initialement social-démocrate devenu plus sécuritaire et plus droitier que ne le laissait entendre la composition de sa liste pour Thomas Cazenave.

Il n'en fallait pas plus pour que le psychodrame du retrait du troisième homme, un Philippe Dessertine autoproclamé victime d'un système dont il ne souhaitait pas endosser les codes, n'envenime encore les échanges entre les deux hommes en lice pour la mairie.

Le constat est cruel pour Pierre Hurmic, dont on voit aujourd'hui que le costume de maire un peu trop grand lui est tombé dessus un peu par hasard. Malgré un bilan honorable, il peine à incarner un projet autre que celui de faire un procès en macronisme à son opposant. Une stratégie risquée à laquelle il ajoute toute la responsabilité de la désertion en rase campagne de Dessertine, comme si ce dernier n'avait pas la capacité à prendre ses propres décisions. Signe de la fébrilité du camp Hurmic, ce tract accusateur qui circule dans Bordeaux, et indigne sur les réseaux sociaux.

On pourra reprocher à Thomas Cazenave une posture parisienne qu'il commence à gommer (pour mémoire il est natif bordelais). Sa participation au macronisme, lui a finalement donné la crédibilité d'être une alternative rassembleuse localement. Dans ce contexte, pour ces 42 %, ça sera "le choix entre la peste et le choléra". La ville de Bordeaux a déjà expérimenté le cafouillage vert de l'équipe actuelle et l'a rejeté au premier tour massivement.

Le choix de dimanche sera donc celui de la raison contre l'amertume, du vote utile contre le vote de conviction. Et à ce jeu-là, personne ne sait vraiment où va basculer la ville. Une indication tout de même : dimanche la météo prévoit beau temps sur le Bassin d'Arcachon.

LA

Par La Rédaction

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