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EXCLU AQUI Girondins de Bordeaux : une union sacrée autour de Triaud, Giresse, Dugarry ?

Le conciliateur du CNOSF maintient l'exclusion des Girondins des compétitions nationales. Le club a 15 jours pour un référé, sinon la liquidation redevient automatique. Selon nos informations, un plan C se prépare autour de Jean-Louis Triaud, Alain Giresse et Christophe Dugarry.

Par La Rédaction
Publié il y a 14 août
7 min de lecture
EXCLU AQUI Girondins de Bordeaux : une union sacrée autour de Triaud, Giresse, Dugarry ?
Dugarry, Giresse et Triaud au sauvetage des Girondins (Photo montage AQUI)

Bordeaux 14/8/26 : Le conciliateur du CNOSF a proposé ce 14 août de maintenir l'exclusion des Girondins des compétitions nationales. Le club a quinze jours pour tenter un référé, sinon la liquidation judiciaire redevient une mécanique quasi automatique. Selon nos informations, trois scénarios de sortie coexistent aujourd'hui, dont un qui n'a pas encore été évoqué ailleurs.

Le verdict du CNOSF qui ferme la fenêtre

Vendredi 14 août, le conciliateur du Comité national olympique et sportif français (CNOSF) a notifié son avis au club et à la Fédération française de football : il préconise de maintenir la décision de la DNCG. Cet avis est validé de fait par le Comité exécutif de la FFF, sans même que celui-ci ait besoin de se réunir.

Les Girondins ont quinze jours pour refuser cette conciliation et se tourner vers un référé en suspension devant le tribunal administratif. C'est la dernière carte judiciaire, et elle est mince : un référé suspend, il ne tranche pas sur le fond, et le calendrier sportif n'attend pas.

Sur le papier, rien de nouveau depuis notre édito du 16 juillet. Sur le fond, tout a changé : ce qui était une menace suspendue à un possible sursaut est devenu une trajectoire que seule une décision de justice doit encore formaliser.

Minute papillon : explique moi mieux

On rembobine : la fameuse DNCG a pour rôle de s'assurer de la pérennité des clubs et de l'équité sportive chaque saison. Elle analyse donc les budgets des participants aux championnats et convoque, en cas de besoin, les clubs qui présentent des budgets non équilibrés.

C'est le cas des Girondins, dont le budget présentait un "trou" de 10m€ que Lopez, toujours propriétaire à l'heure actuelle, n'a jamais voulu combler. Excédée par ces mois de montagnes russes, la DNCG a donc exclu le club bordelais du monde professionnel.

Faisant appel de cette décision, le club a bénéficié d'un sursis qui lui a permis de trouver un accord avec Sparta Capital, ce dernier devant réunir 10m€ avant la commission du CNOSF statuant sur la décision de la DNCG. Sauf... Sauf que le CNOSF ne peut pas tenir compte des événements survenus APRÈS la commission de la DNCG, ne jugeant que sur la base des mêmes éléments - logique.

Le CNOSF a donc renvoyé la décision vers la FFF, proposant un nouveau passage devant la DNCG, cette fois avec les éléments du deal Sparta, et toujours Lopez comme président. Un précédent historique qui ouvrirait une brèche dans l'égalité de traitement des clubs professionnels. Afin de ne pas prendre de risque, la DNCG s'est donc rapproché du conciliateur, puisque le club est sous plan de continuation au Tribunal du Commerce de Bordeaux, pour obtenir un avis technique sur le deal Sparta.

Et là, patatras. Non seulement les 10m€ ne sont pas là, mais surtout, ce "tour de table syndiqué" (comme on dit dans le milieu) n'est ni stabilisé, ni finalisé : au mieux ce sont 6m€ qui sont sécurisés...

D'ou la recommandation finale du médiateur du CNOSF : suivre l'avis primaire de la DNCG.

On est bon ? Alors continuons.

Plan A : une mécanique enclenchée depuis juin 2025

En juin 2025, le tribunal de commerce de Bordeaux homologuait le plan de continuation des Girondins, mettant fin à un an de redressement judiciaire, avec une dette ramenée d'environ 100 millions d'euros à 26 millions. Une condition, non négociable, accompagnait ce plan : le maintien du club dans les compétitions nationales.

C'est cette condition qui vient de sauter. Le 30 juin, la DNCG excluait les Girondins des championnats nationaux pour la saison à venir, faute d'avoir réuni les neuf à dix millions d'euros nécessaires à boucler un budget pharaonique. Un premier appel, confirmé le 15 juillet, n'a rien changé. Le recours devant le CNOSF, tenté par Gérard Lopez en dernier ressort, vient à son tour d'échouer. Le Plan A est mort né.

Une exclusion confirmée emporte mécaniquement la résolution du plan de continuation. Le commissaire à l'exécution serait alors dans l'obligation de demander sa fin anticipée au tribunal de commerce, et la liquidation de la société Girondins devrait être prononcée par le Tribunal, vraisemblablement avant la fin du mois, sauf si...

Plan B : Sparta Capital, l'argent conditionné

Le 31 juillet, le fonds d'investissement britannique Sparta Capital disait être parvenu à réunir 10,6 millions d'euros pour porter un projet de reprise en National 1. Ce financement était conditionné au maintien du club au niveau national. Sans ce maintien, l'argent réuni n'a plus vocation à être versé dans le calendrier qui s'ouvre, sauf si le fonds décide malgré tout de racheter un club rétrogradé en Régional 1.

A ce stade, le blocage du conciliateur met fin à ce scénario, faute pour Sparta d'avoir réuni la totalité du montant nécessaire.

Plan C : la relance en régional, prête à être activée avec Triaud, Dugarry et Giresse

Selon nos informations AQUI exclusives, un plan de relance du club au niveau régional, en cas d'échec définitif du recours, existe et a été anticipé par plusieurs parties prenantes proches du club depuis plusieurs semaines. Il s'agirait de repartir en Régional 1, une fois le passif de la SASP purgé par la liquidation, sur un modèle inspiré des reconstructions de Strasbourg, Grenoble ou du Mans, avec un actionnariat resserré et probablement local autour de l'ex Président des Girondins de Bordeaux Jean-Louis Triaud, et des anciens Alain Giresse et Christophe Dugarry.

Ce scénario, défendu depuis quelques semaines par Sport6 [NDLR : Sport6 est affiliée aux actionnaires de la société éditrice d'Aqui.Media], consiste a acter de la liquidation actuelle de la SASP, procéder au rachat de la marque, et d'identifier dans la région un club aux portes du monde professionnel pouvant redevenir les nouveaux Girondins de Bordeaux.

L'association, qui ploie sous le poids des dettes, bénéficierait d'une partie du financement apporté par les nouveaux actionnaires de la nouvelles SASP, préservant sa pérennité.

Condition sine qua non : que les 3 projets actuellement en construction, portés par Triaud (qui semble avoir réuni 5m€), Giresse et Dugarry soient réunis autour de cette idée, mise en oeuvre sous la houlette et avec le soutien de la Métropole de Bordeaux.

Les dettes ne disparaissent pas, elles changent d'adresse

La disparition de la société sportive n'efface pas les dettes, elle les déplace vers l'association. Celle-ci doit plus de quatre millions d'euros au titre de transferts et de droits de formation, et cinq cent mille euros supplémentaires d'indemnités de formation. Une liquidation de la SASP mettrait donc directement l'association en difficulté, avec un risque réel de réclamations de la FIFA sur des indemnités de transferts internationaux restées impayées, quel que soit le plan finalement retenu.

Le stade, la Métropole et une économie qui dépasse le sport

Bordeaux Métropole exploite le stade Atlantique en régie directe, quarante mille places dont l'utilité économique dépend directement de la présence d'un club de niveau national. Le maire de Bordeaux et président de la Métropole, Thomas Cazenave, avait promis en juillet d'échanger avec l'ensemble des acteurs concernés. Depuis l'avis du CNOSF, sa position n'a pas été rendue publique.

L'union sacrée, toujours en attente

Nous appelions en juillet à un mouvement collectif, des supporters aux collectivités en passant par les investisseurs locaux et les anciens joueurs. Un mois plus tard, ce ne sont pas un mais trois scénarios qui coexistent, chacun avec ses porteurs, sans qu'aucune coordination publique ne les relie. C'est peut-être moins un manque d'options que Bordeaux affronte aujourd'hui, qu'un excès de plans qui ne se parlent pas.

Girondins quel scénario possible pour sauver quelque chose ?

Trois échéances : la décision de tenter ou non le référé, dans les quinze jours suivant le 14 août, soit vers le 29 août ; l'arbitrage entre les différents Plans selon l'issue du référé ; et la saisine éventuelle du tribunal de commerce si aucun de ces scénarios n'aboutit avant la fin du mois.

Depuis un siècle et demi, le scapulaire a survécu à deux guerres mondiales, à des présidents flamboyants et à des propriétaires fantômes. Il a déjà survécu une fois à sa propre mort administrative, en 2024. La question, cet été, n'est plus de savoir si Bordeaux peut se relever d'une liquidation : le club l'a déjà fait. Elle est de savoir lequel des deux chemins y mènera, et qui, cette fois, tiendra la distance.

Le calendrier des matchs, lui n'attendra pas, et démarre, théoriquement, le 22 août prochain.

LA

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