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Économie

Dionymer lève 7 millions d’euros et franchit un cap décisif vers l’industrialisation

La start-up bordelaise Dionymer lève 7 millions d’euros et lance son unité pilote préindustrielle à Mérignac, une étape clé pour accélérer l’industrialisation de ses biopolymères PHA issus de biodéchets.

Par Jacques FROISSANT
Publié il y a 4 févr.
3 min de lecture
Dionymer lève 7 millions d’euros et franchit un cap décisif vers l’industrialisation
Dionymer lève 7 millions d’euros

Dionymer, basée à Bordeaux, biotech spécialisée dans le développement de matériaux polymères biodégradables issus de biodéchets, annonce une levée de fonds Seed de 7 millions d’euros. Ce tour de table réunit UI Investissement, BNP Paribas Développement, Bpifrance via le dispositif French Tech Seed, NACO, ainsi que l’ensemble des investisseurs historiques du projet : IRDI, Aquiti, AFI Ventures et ResiliAnce, qui renouvellent leur confiance.

Fondée sur la valorisation de biodéchets alimentaires, la technologie développée par Dionymer permet de produire des PHA (polyhydroxyalcanoates) sous forme de poudres et de granulés. Ces matériaux circulaires affichent des performances industrielles compatibles avec les exigences de plusieurs secteurs fortement exposés aux enjeux réglementaires et environnementaux : cosmétique, plasturgie, coatings et textiles techniques. Ils constituent une alternative crédible aux polymères pétrochimiques traditionnels, encore largement dominants sur ces marchés.

Cette levée de fonds intervient après une montée en échelle technologique majeure. Dionymer est récemment passée d’une capacité de production de 10 kg par an à une tonne par an, grâce à l’installation de son pilote préindustriel à Mérignac, en Gironde. Une étape clé, qui marque le basculement du laboratoire vers une logique de pré-industrialisation et valide la reproductibilité du procédé à plus grande échelle. L’entreprise a par ailleurs atteint un stade commercial sur ses premiers marchés adressés.

Les nouveaux financements vont permettre à Dionymer de renforcer ses capacités de R&D, de lancer la commercialisation de ses premiers matériaux, et surtout de préparer la prochaine phase structurante : la mise en œuvre d’un démonstrateur industriel capable de produire 100 tonnes de biopolymères par an.

« Cette levée de fonds valide notre trajectoire industrielle et nous donne les moyens d’accélérer la mise sur le marché de matériaux circulaires, performants et compétitifs. Nous abordons désormais la phase de démonstration industrielle avec une ambition claire : passer à l’échelle et répondre aux besoins concrets de nos clients », souligne Thomas Hennebel, CEO de Dionymer.

Depuis sa création, l’entreprise suit une feuille de route industrielle assumée, avec un objectif affiché : la construction en France d’une usine d’au moins 1 000 tonnes par an à l’horizon 2030. Une trajectoire qui s’inscrit dans les enjeux de souveraineté industrielle et de transition vers une chimie plus durable.

Pour Émilie Richard, d’UI Investissement, « Dionymer illustre parfaitement le type d’entreprise avec laquelle nous souhaitons nous engager : un projet ambitieux qui contribue concrètement à accélérer la transition en apportant des solutions à fort impact ».
Même lecture chez BNP Paribas Développement : « Transformer des déchets alimentaires en polymères biodégradables est une innovation majeure dans l’alternative aux produits pétrochimiques, avec un impact positif », estime Patricia Leyrat.

Un cap est franchi. Reste désormais à transformer l’essai industriel.

JA

Par Jacques FROISSANT

Directeur de la publication

Bordelais, œnologue, tout allait bien… jusqu’à ce que je dérape dans l’entrepreneuriat RH pour les startups. 😉 Auteur et chroniqueur (L’Express, FrenchWeb, France 3 NOA...), je suis aujourd’hui cofondateur et rédacteur en chef d’AQUI.Media

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