FineHeart sécurise 83 M€ et s’impose dans la medtech cardiaque européenne
Série C, financements européens, souveraineté industrielle : avec 83 M€ sécurisés, la medtech bordelaise FineHeart change d’échelle et ambitionne de devenir un leader européen de la cardiologie implantable.

La Medtech bordelaise FineHeart, basée à Pessac, change clairement de dimension. La startup annonce avoir sécurisé 83 M€ de financements, combinant 35 M€ levés lors d’un premier closing de série C et 48 M€ de financements publics européens non dilutifs, obtenus dans le cadre du PIIEC Tech4Cure. Un montage financier rare, qui place FineHeart parmi les projets Medtech les plus stratégiques soutenus en Europe.
Fineheart : une série C de 35 M€
Cette série C marque une étape décisive dans la trajectoire de l’entreprise. Les 35 M€ de capitaux privés doivent permettre d’accélérer le développement clinique et l’industrialisation du FlowMaker®, son dispositif médical destiné au traitement de l’insuffisance cardiaque sévère. La série est toujours en cours de syndication, signe de l’intérêt persistant des investisseurs spécialisés santé et deeptech.
Pour Arnaud Mascarell, CEO et cofondateur de FineHeart, ce financement va bien au-delà d’un simple tour de table.
« Cette dynamique de financement renforce notre stratégie ambitieuse fondée sur une expertise et des briques technologiques de rupture (…) contribuant à la compétitivité industrielle et à la souveraineté européenne en santé »
souligne-t-il, en remerciant à la fois les nouveaux investisseurs et les actionnaires historiques qui accompagnent le projet depuis l’origine.
FlowMaker®, une innovation de rupture en cardiologie implantable
Le FlowMaker® occupe une place à part sur le marché des dispositifs médicaux implantables. Il s’agit du premier accélérateur de débit cardiaque totalement implantable, conçu pour fonctionner en synergie avec les contractions naturelles du cœur. Contrairement aux dispositifs d’assistance ventriculaire classiques, il ne nécessite ni batterie externe ni câble percutané, réduisant significativement les risques d’infection et améliorant la qualité de vie des patients.
Sur le plan médical, l’enjeu est majeur. L’insuffisance cardiaque sévère reste l’une des principales causes de mortalité cardiovasculaire. FineHeart cible en priorité les patients aujourd’hui exclus des solutions existantes, notamment ceux non éligibles aux LVAD. À terme, la société estime pouvoir adresser jusqu’à 200 000 patients par an, pour un marché potentiel supérieur à 5 milliards de dollars.

48 M€ pour structurer une filière industrielle européenne stratégique
L’autre pilier du financement repose sur les 48 M€ obtenus dans le cadre du PIIEC Tech4Cure. Ces fonds publics positionnent FineHeart comme chef de file européen de la filière des Dispositifs Médicaux Implantables Actifs (DMIA), un secteur hautement stratégique dans lequel l’Europe reste largement dépendante de technologies extra-européennes.
Les travaux financés porteront sur plusieurs verrous technologiques critiques. Miniaturisation des systèmes d’alimentation électrique. Réduction drastique de la consommation énergétique. Fiabilité et durabilité à long terme des implants. Autant de briques industrielles indispensables pour bâtir une filière européenne compétitive.
Un tour de table révélateur d’une ambition européenne
Ce tour de financement réunit de nouveaux investisseurs de référence, dont le fonds de l’European Innovation Council, Groupe Pasteur Mutualité et Groupe Etchart, aux côtés des investisseurs historiques. Une combinaison qui illustre la crédibilité du projet, à la croisée de l’innovation médicale, de l’industrie et des politiques publiques.
Avec cette levée, FineHeart ne se contente plus d’être une Medtech prometteuse. Elle affiche une ambition claire. Devenir un leader européen de rang mondial en cardiologie implantable, tout en contribuant concrètement à la souveraineté industrielle et technologique européenne en santé. Depuis Bordeaux, la startup démontre qu’une trajectoire industrielle lourde reste possible en Europe, quand vision, technologie et financements avancent enfin dans la même direction.
FineHeart s’impose plus que jamais comme l’une des pépites bordelaises de la medtech, un secteur clé de l’écosystème tech régional, désormais capable de porter des ambitions industrielles et cliniques à l’échelle européenne.
Par Jacques FROISSANT
Directeur de la publication
Bordelais, œnologue, tout allait bien… jusqu’à ce que je dérape dans l’entrepreneuriat RH pour les startups. 😉 Auteur et chroniqueur (L’Express, FrenchWeb, France 3 NOA...), je suis aujourd’hui cofondateur et rédacteur en chef d’AQUI.Media
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