L'édito politique du lundi : Sébastien Lecornu ou le mystère de chambre jaune
Une nouvelle semaine de turbulence en vue pour le gouvernement. Entre mouvement social, besoin de clarification sur le budget et menace de censure, Sébastien Lecornu de plus en plus sous pression

Gaston Leroux aurait pu répondre à l’interview donnée par Sébastien Lecornu au Parisien vendredi dernier. Il a réussi à la fois à ne donner aucune information décryptable par le commun des mortels mais aussi à fâcher le PS et l’ensemble des syndicats.
Le PS prend un vent
Olivier Faure a dû ressentir l’effet de souffle de la porte qui se ferme violemment au nez. Le retour de l’ISF, jamais ! la taxe sur les ultra-riches niet ! la suspension de la réforme des retraites, on verra ça en 2027. La base sera le « socle commun » et rien d’autre. Lecornu n’a même pas tenté de prôner le « en même temps » de son Président. Alors que le front syndical est plus uni que jamais, qu’une nouvelle journée d’action est programmée le 2 octobre, il réussit à se mettre à dos la CFDT qui est loin, très loin, d’être un syndicat de rupture. Réussir à mettre d’accord Sud et la CFDT est d’ailleurs, pour l’instant, son seul trophée.
On résume, pas de gouvernement, pas d’esquisse de budget alors que la session parlementaire doit reprendre en fin de semaine et que l’Assemblée nationale est censée débuter l’étude de la copie budgétaire. Mais notre Premier Ministre est lucide quand il s’estime être le plus faible de la Ve République. Allez soyons positifs, Lecornu va augmenter quelques dépenses sociales et de santé mais maintient quand même la baisse du déficit et des dépenses publiques. Ce n’est plus un Premier Ministre c’est Gérard Majax.
Pendant ce temps-là, Nicolas Sarkozy à la Bastille.
L’indépendance de la justice est un des fondements de notre démocratie. Que vous soyez humble ou puissant la justice doit être la même pour tous. Qu’un ancien Président aille dormir en prison est un fait politique majeur mais cela n’autorise pas notre classe politique à critiquer avec autant d’outrance la décision du PNF. N’oublions pas que la justice est là pour faire appliquer des lois votées par les mêmes qui aujourd’hui les trouvent trop sévères voire injuste et pire, orientée. Les Républicains et le RN prônent la tolérance zéro, l’incarcération sans remise de peine, j’en passe et des meilleurs. Mais quand c’est Sarkozy ou Le Pen ce n’est plus la même musique.
Comment voulez-vous que le justiciable lambda accepte sa sanction quand le législateur la refuse ?
Ainsi va la France en ce début d’automne.
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Par La Rédaction
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